À moins de deux semaines du coup d’envoi face au Pays de Galles, le sélectionneur anglais Steve Borthwick révolutionne l’image du XV de la Rose. Loin du cliché austère traditionnel, il invite ses joueurs à s’afficher sur les réseaux sociaux, brisant ainsi un tabou dans le rugby.
Son objectif est clair : « créer des icônes pour la nouvelle génération », tout en gardant « l’unité de son équipe ».
Le phénomène TikTok en est la preuve la plus spectaculaire. À l’automne dernier, une vidéo virale met en scène Freddie Steward, Fin Smith, Henry Pollock et Tommy Freeman dans une chorégraphie sur une musique irlandaise. Le succès est fulgurant : ce clip cumule 21,9 millions de vues. Pour Borthwick, c’est une aubaine pour la popularité du rugby.
« S’ils veulent continuer à publier des danses sur TikTok, ils le peuvent. Nous avons besoin de superstars. Le rugby a besoin de superstars », affirme le sélectionneur.
L’impact dépasse le cadre professionnel. « L’autre jour, j’ai vu un enfant qui portait du ruban noir autour de la tête parce qu’il voulait ressembler à Henry Pollock. C’est formidable », raconte Borthwick.
Pour autant, cette liberté médiatique n’est pas sans limites. Le défi reste de concilier ces ego montants avec la discipline du haut niveau. « Nous voulons des superstars et nous voulons une équipe soudée. On présente souvent l’exposition individuelle comme quelque chose de nuisible, mais nous voulons les deux », insiste-t-il.
Sportivement, les résultats lui donnent raison. L’Angleterre arrive dans ce Tournoi des Six Nations 2024 forte d’une série impressionnante de 11 victoires consécutives. Si les Bleus de Fabien Galthié restent les favoris, le XV de la Rose semble plus sûr de lui qu’il ne l’a été depuis 2022.
Cette ferveur gagne tout le pays. Borthwick se fait régulièrement interpeller dans la rue par des supporters passionnés. « Quelqu’un m’a dit quels joueurs il alignerait à l’aile… sauf qu’il avait choisi trois ailiers ! C’est génial que tout le monde ait un avis. Les joueurs ressentent cette ferveur », témoigne le sélectionneur.
L’Angleterre ne cache plus ses ambitions : reprendre son trône européen dès le 7 février prochain.







