
**Matthieu Jalibert : le tournant décisif pour le maître à jouer bordelais en équipe de France**
Suite au forfait de Romain Ntamack, c’est Matthieu Jalibert qui prendra les commandes de l’attaque tricolore pour l’ouverture du Tournoi des Six Nations. Un défi immense pour le Bordelais, peut-être à l’aube de sa dernière chance de s’imposer en Bleu.
Le destin a choisi. Alors que la bataille pour le poste de numéro 10 animait les débats, la blessure au rein de Ntamack a tranché net. Pour affronter l’Irlande le 5 février prochain, Fabien Galthié n’a d’autre option que de miser sur Jalibert.
Le parcours entre l’ouvreur de l’Union Bordeaux-Bègles et le sélectionneur n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Après une période de tensions et une baisse de régime la saison passée, Jalibert assure que le dialogue est désormais rétabli.
Sur ses rapports avec le coach, il se veut clair : « Je n’ai pas de problème avec l’équipe de France. C’est vrai qu’il y a eu une période plus compliquée. J’ai eu ces discussions avec Fabien sur des sentiments que j’avais besoin d’exprimer. Il a compris et accepté ce que je lui ai dit… »
Sur le terrain, son talent ne fait aucun doute. Cette saison, Jalibert domine le championnat avec des statistiques impressionnantes, battant plus de défenseurs qu’aucun ailier. En revanche, ses performances défensives restent souvent pointées du doigt. Conscient de cette image de joueur « fragile » au plaquage, il affirme désormais travailler plus dur pour rassurer.
Face aux critiques sur sa solidité physique, il confie son agacement : « On m’a trop catégorisé comme un joueur qui s’enlevait dans les zones de contact. C’est un peu vexant. »
Pour faire taire les sceptiques, Jalibert redouble d’efforts : « Je donne mon max pour augmenter mes stats et ma qualité de défense. J’essaie d’être un peu plus agressif et plus dominant, même si je sais que je ne serai jamais un sécateur. L’important est que je sois un peu plus dense dans ma zone et que j’apporte plus de confiance à mes coéquipiers dans ce secteur. »
À 27 ans, à un an et demi de la Coupe du monde 2027, le Bordelais sait que l’heure de vérité a sonné. Il doit démontrer qu’il peut rivaliser avec les meilleurs, comme l’Irlande, tout en s’accordant parfaitement avec le capitaine Antoine Dupont. Jamais il n’a paru aussi prêt, physiquement et mentalement, à endosser ce rôle de leader.
À l’aube de ce nouveau défi, il affiche une confiance sereine, mais empreinte d’ambition : « Je ne sais pas si je suis dans la plus grande période de ma carrière, mais ça y ressemble. Je suis bien physiquement et mentalement, j’ai la chance de jouer avec de grands joueurs, donc c’est idéal. Mais j’espère que le meilleur reste à venir. »
Du côté des supporters, l’impatience grandit. Tous veulent voir si les étincelles produites chaque week-end à Bordeaux illumineront enfin le Stade de France sous le maillot bleu.







