Presque un an après sa dernière apparition en équipe de France, Matthieu Jalibert s’apprête à retrouver la scène internationale face à l’Irlande, le 5 février au Stade de France. Mais le joueur n’est plus le même. Finies les polémiques et l’insouciance mal comprises : place aujourd’hui à la maturité et à une quête de performance absolue.
Le 8 février 2025, après une défaite frustrante en Angleterre, beaucoup pensaient que l’aventure de Jalibert avec les Bleus était compromise, voire terminée. Son « mal-être » exprimé lors de la tournée précédente, couplé à une image jugée trop centrée sur les réseaux sociaux, avait creusé le fossé avec le staff de Fabien Galthié. Pourtant, ces 362 jours d’absence ont agi comme un véritable laboratoire de transformation.
Sur le terrain, la métamorphose est spectaculaire. L’ouvreur, autrefois critiqué pour sa frilosité au plaquage, s’est renforcé physiquement et a gagné en agressivité. Laurent Marti, président de l’UBB, s’émerveille devant ce changement : « C’est devenu un ‘‘boucher’’. Il s’y file en défense, il gratte des ballons, il nettoie dans les rucks. » Le manager Yannick Bru confirme que le staff doit désormais freiner l’ardeur de Jalibert lors des séances, tant ce dernier veut en faire davantage.
Une hygiène de vie rigoureuse et un équilibre parfait entre attaque et gestion du jeu ont propulsé Jalibert dans ce que les experts appellent le « flow » : une posture juste, sans excès.
Sur le plan mental, le rapport aux Bleus a profondément évolué. Après le psychodrame de novembre 2024 où il exprimait sa frustration d’être doublure derrière Ntamack ou Ramos, Jalibert semble aujourd’hui apaisé. Il a accepté que le système de jeu du XV de France ne soit pas toujours fait pour lui. « Il sait que le système de jeu des Bleus ne lui est pas favorable et qu’il ne lui sera pas adapté pendant ce Tournoi. Mais il a conscience qu’aller en équipe de France, c’est important sportivement mais aussi dans la gestion de sa carrière. Il a tout simplement pris conscience qu’il devait profiter de sa carrière », explique son entourage.
Fort d’un titre en Champions Cup avec Bordeaux, le joueur de 27 ans ne rêve plus seulement de se faire plaisir, il veut gagner. Maîtrisant désormais son image, il affronte la concurrence avec sérénité.
Le « garnement » est devenu un homme — et c’est peut-être la meilleure nouvelle de l’année pour le rugby français.







