À quelques jours du choc d’ouverture du Tournoi des Six Nations entre la France et l’Irlande, la sélection tricolore fait grand bruit. Fabien Galthié a surpris tout le monde en écartant des piliers comme Damian Penaud, Grégory Alldritt ou Gaël Fickou, suscitant autant l’étonnement en France qu’à l’étranger.
De l’autre côté de la Manche, la presse et les spécialistes britanniques oscillent entre admiration et incrédulité. Certains parlent de « coup de génie », d’autres de « prise de risque fatale », remettant en cause la stratégie du staff français.
Sur le podcast The Rugby Pod, Tom Kirby, analyste du XV de la Rose, exprime l’incompréhension générale : « Penaud qui est laissé hors du groupe, meilleur marqueur d’essais de l’histoire du rugby français. Comment c’est perçu en France ? Ils demandent sa tête ? »
L’absence la plus déconcertante reste celle de Grégory Alldritt. Pour Dan Biggar, légende galloise aux 112 sélections, écarter le numéro 8 face à une puissance comme l’Irlande est un pari extrêmement risqué. Il regrette ce choix tactique et prévient : « Pour moi, la plus grosse surprise, c’est Alldritt. Je n’arrive pas à comprendre. Cet automne, il avait déjà été laissé de côté contre l’Afrique du Sud, remplacé par Mickaël Guillard, un joueur « de luxe » sur le banc. Mais contre les grandes équipes, il faut un vrai numéro 8. Alldritt, c’est un combattant, un travailleur acharné, comparable aux Vunipola ou Faletau. »
Biggar ajoute que cette exclusion semble déséquilibrer la troisième ligne française : « Qui met-on en 8 maintenant ? Ollivon avec Cros ou Jelonch ? Je pense qu’Alldritt, c’est une énorme perte. » Il souligne aussi les éloges de Ronan O’Gara à son sujet, qui le décrit comme « presque non français » dans son engagement physique et son énergie.
Face à cette vague de critiques, Fabien Galthié reste ferme, vantant une sélection « photo à l’instant T ». Mais pour ses rivaux, ces choix audacieux sont autant d’opportunités à exploiter.
Dan Biggar résume la situation : « Si la France finit par faire un Grand Chelem, ce sera un coup de génie. Sinon, il y aura des questions à se poser. »
Du côté anglais, la donne a changé. Les forfaits côté français – Alldritt, Atonio, Flament notamment – donnent de l’espoir à l’Angleterre, qui voit une ouverture pour s’imposer à Paris lors de la dernière journée. Biggar estime que le titre se jouera entre Français et Anglais, mais avertit : « Sans ces joueurs clés, l’équipe de France n’est plus la machine imbattable qu’elle semblait être. L’Angleterre sent que ce match décisif à Paris est plus accessible. »
Le Tournoi débute donc dans une atmosphère électrique, avec le XV de France entre audace et pression, prêt à relever un pari qui pourrait marquer l’histoire ou fragiliser un château de cartes.







