À la veille du coup d’envoi du Tournoi des 6 Nations, lundi à Édimbourg, le XV de France s’impose déjà comme le favori de la compétition. Profitant de trois matches à domicile sur cinq, les Bleus bénéficient d’un avantage stratégique important, reconnu par leurs adversaires, même si tous soulignent la fragilité de cette position face à la densité du plateau.
C’est dans le cadre spectaculaire du « Hub », une ancienne église gothique convertie en lieu culturel, que s’est tenue la journée de lancement. L’ambiance, solennelle et chargée d’histoire, avec les sonorités des cornemuses, a rappelé tout le prestige du Tournoi. À quelques jours du premier match face à l’Irlande jeudi 5 février à 21h10, sélectionneurs et capitaines ont multiplié les échanges avec les médias, sous l’œil attentif des journalistes et influenceurs internationaux.
Sur scène, Fabien Galthié et Antoine Dupont, champions en titre, ont clôturé la cérémonie. Une vidéo émouvante montrait Grégory Alldritt brandissant le trophée au Stade de France en mars dernier, tandis que Dupont apparaissait en civil, béquilles au genou, après sa blessure subie à Dublin. Imperturbable en anglais, le capitaine a livré une prestation impeccable, tandis que Galthié, souriant, scrutait ses rivaux dans la salle.
Le sélectionneur français s’est montré enthousiaste : « Je suis tellement heureux de participer à cette compétition. Chaque fois qu’on se réunit, cette journée média, c’est comme le « kick-off ». En plus, on est toujours dans des endroits incroyables. Je vois les meilleurs coachs, les meilleurs joueurs, les meilleurs capitaines. Qu’est-ce que tu veux de plus quand tu aimes le rugby ? »
Face à cette confiance, les Irlandais ne cachent pas leur envie de revanche après leur sévère défaite à domicile (27-42) lors de la précédente édition. Le capitaine Caelan Doris confie : « C’est sûr ! Et on va en parler et l’analyser cette semaine. Nous allons regarder certains de leurs matchs de novembre, mais aussi certains de nos matchs contre eux dans le passé et voir ce qui a bien fonctionné d’abord et ce qui n’a pas trop bien fonctionné. Donc, oui, je pense que cela ajoute un peu de piquant. »
Interrogé sur le statut de favori de la France, le sélectionneur irlandais Andy Farrell a d’abord renvoyé la question à son interlocuteur : « Et vous, vous pensez ? » Avant d’ajouter avec prudence : « Je comprends… En nous jouant à domicile, tout d’abord, puis contre l’Angleterre ensuite, tout le monde parle de la France et de l’Angleterre, n’est-ce pas ? À cet égard, jouer ces matchs à domicile est probablement un avantage, mais tout le monde a son avis là-dessus (sourire). » Son vrai sentiment, lui, restera sans doute réservé à ses joueurs dans leur camp d’entraînement au Portugal.
Pour sa part, Gonzalo Quesada, sélectionneur de l’Italie, s’est révélé un adversaire honnête et admiratif. Polyglotte, il a d’abord cherché ses mots avant d’évoquer le potentiel français : « Franchement, j’ai vu les 42 mecs que Fabien (Galthié) a convoqués, quand tu vois le niveau qu’ont en ce moment les joueurs clés de cette équipe, comme Antoine (Dupont) bien sûr, mais pas que lui, autant de jeunes joueurs qui vont venir porter cette énergie, ce renouvellement après un Tournoi, être les champions en titre, tous ces jeunes qui vont arriver morts de faim, pleins de talent, c’est très complexe. Ce staff que je connais bien, qui fait un boulot excellent. »
Bien qu’il espère toujours rééditer le nul obtenu à Lille il y a deux ans (13-13), Quesada ne masque pas sa hiérarchisation : « C’est de loin les favoris pour moi. J’ai chambré Fabien, ce n’est pas pour lui mettre la pression, mais c’est la réalité. Même si l’Angleterre ne fait que progresser, ils doivent aller au Stade de France pour la dernière journée. Donc je vois la France. L’Irlande est un pas derrière qu’il y a quelques années. Pour moi, c’est clairement un favori. Je ne suis pas un visionnaire, mais je pense qu’on est beaucoup à être d’accord. »
Du côté anglais, même si la réception finaliste au Stade de France s’annonce comme un moment clé, le co-capitaine Jamie George préfère mettre en garde : « Je pense qu’il est difficile de dire qu’ils sont favoris. Ils ont fait un Tournoi solide l’an dernier, c’est une équipe brillante, mais je pense que ce serait une erreur d’écarter les autres équipes. C’est pour cela que le Tournoi des Six Nations est une compétition aussi importante, parce qu’il y a six équipes de qualité. »
L’objectif des Anglais est clair : se qualifier pour une finale programmée au 14 mars. « Ce sera évidemment l’objectif. C’est encore assez loin maintenant. Nous avons quatre matches avant ce match, donc l’important pour nous est d’essayer de créer un certain élan et de bien commencer. » Leur entame sera à domicile contre le Pays de Galles, samedi 7 février, avant un périlleux déplacement à Murrayfield la semaine suivante.
Si le XV de France dispose d’un calendrier favorable, avec notamment trois réceptions dont celles des Irlandais et des Anglais, la route vers la reconquête reste semée d’embûches. Malgré les louanges et le statut de favori, peu d’experts osent affirmer qu’ils ressortiront indemnes du Tournoi au printemps.
Via RMC Sport







