À l’aube du Tournoi des 6 Nations 2026, le rugby gallois traverse une crise sans précédent. Nigel Owens, arbitre emblématique, tire la sonnette d’alarme en dressant un tableau sombre d’une nation où la passion s’éteint et les structures s’effondrent.
Le XV du Poireau aborde son déplacement à Twickenham dans un contexte de déliquescence totale, marqué par des menaces de grève, des provinces fragilisées et une trajectoire sportive inquiétante. L’humiliation historique face aux Springboks en novembre dernier (73-0) n’était que la partie visible d’un mal profond.
Pour Owens, le véritable problème est structurel. La question du nombre de provinces professionnelles — Cardiff, Ospreys, Dragons, Scarlets — masque selon lui la racine du mal : une formation en déclin. La fédération galloise (WRU) est secouée par des turbulences financières, et le dernier conflit autour du rachat de Cardiff par Y11 Sports & Media a failli provoquer une grève des joueurs, tandis que circulent des rumeurs de fusions forcées.
Sur Wales Online, l’ancien arbitre international use d’une métaphore sans appel : « On ne peut pas construire un gratte-ciel sur les fondations d’un bungalow. » Pour lui, « le nombre d’équipes n’a aucune importance » si les bases, là où se forme le rugby, sont fragiles. Il insiste sur « l’urgence de sanctuariser les bastions historiques » comme Swansea, Aberavon, Neath et Bridgend, villes emblématiques ayant produit certains des meilleurs talents gallois.
Plus inquiétant encore, le rugby gallois fait face à une crise d’identité où le désamour des supporters s’aggrave. Les tribunes se vident en United Rugby Championship, et même le prestigieux Principality Stadium ne fait plus le plein. Owens dresse un constat alarmant sur l’état d’esprit des fans : « Je ne me souviens pas que l’opinion publique ait déjà été aussi découragée et déprimée qu’aujourd’hui. Ce qui m’inquiète, à l’approche du Tournoi des 6 Nations, c’est que lorsque vous discutez avec les gens, beaucoup sont tellement déprimés qu’ils se désintéressent du jeu. »
Au cœur de ce chaos, Steve Tandy, nouveau sélectionneur, doit relever un défi colossal avant le choc contre l’Angleterre le 7 février. Contrairement à d’autres entraîneurs, il devra gérer la dépendance au recrutement à l’étranger, en attendant la libération tardive de ses stars expatriées, telles que Dafydd Jenkins, Tomas Francis ou Louis Rees-Zammit.
« De nombreux facteurs contribuent à la morosité qui règne actuellement autour du rugby gallois », conclut Nigel Owens, dont l’alarme est claire : le toit du rugby gallois brûle, et pour l’heure, personne ne semble prêt à saisir la lance à incendie.







