Sensation de la première moitié de saison au Stade Toulousain, Kalvin Gourgues s’affirme comme l’une des révélations des Bleus. Étincelant lors de ses débuts face à l’Australie en novembre, le trois-quarts centre sera de nouveau scruté lors du prochain Tournoi des 6 Nations.
Le jeune joueur, figure montante des lignes arrières françaises, se confie sans détour : de ses problèmes de santé à ses ambitions, en passant par ses premiers pas en équipe de France et l’intérêt qu’il suscite, y compris dans son club formateur.
Interrogé sur l’impact de sa première sélection, il nuance : « Non, pas vraiment, il n’y a pas vraiment eu de changement. Juste un moment de plus où j’ai pu m’exprimer sur le terrain. Et j’ai adoré ce moment d’ailleurs. Mais ma vie n’a pas changé, peut-être qu’on me reconnaît un peu plus, mais c’est tout. »
Cette première apparition est aussi venue mettre un terme — provisoire — à une série de déconvenues médicales. Kalvin Gourgues explique : « J’avais un caillot de sang qui ne faisait que se former dans l’artère poplitée à gauche, dû à une malformation de naissance. » Après plusieurs interventions, une opération en février dernier a permis de remplacer la partie malade par une veine prise dans la cuisse. « Maintenant j’ai une nouvelle artère et ça va très bien. J’espère que ça continuera comme ça. »
Mais la vigilance demeure : « Il faut le surveiller car j’ai déjà eu ça dans le passé. […] Il faut que je fasse attention à ce que je mange, ce que je fais aussi avec mon corps. […] On ne va pas, avec ce que j’ai eu, aller en boîte, boire jusqu’à pas d’heure, ne pas s’hydrater et fumer des clopes. Ça, c’est mort ! » Malgré ces contraintes, il reste lucide et positif : « Je profite tout autant sans me restreindre non plus. »
Du côté mental, le joueur affirme n’avoir jamais flanché : « Je n’ai jamais douté une seule fois. J’étais plus triste de ne pas pouvoir jouer le week-end et donc de regarder les copains […] mais j’étais bien accompagné aussi. Mes parents, ma copine, mes proches étaient vraiment là pour moi. »
Kalvin Gourgues savoure désormais chaque instant sur le terrain, conscient que la santé reste fragile : « Je prends chaque moment les uns après les autres. Je ne vais pas commencer à me projeter sur des choses plus loin, parce qu’une blessure peut venir tout couper. »
Le souvenir de son premier match au Stade de France face à l’Australie reste gravé : « C’est le plus beau souvenir de ma vie. Il y a plein de petits flashs : la Marseillaise, l’entrée sur le terrain, découvrir le Stade de France… Quand on joue au rugby, on joue pour ça. »
Évoquant son passage en club, Kalvin se montre humble et déterminé : « Il ne faut pas se croire arrivé et se dire que ça y est, on a notre place. Il y a encore plein de choses à prouver. Il faut être plus sur la constance que sur un coup de génie. »
Il revient aussi sur l’importance d’Antoine Dupont, capitaine et leader naturel de l’équipe de France : « Antoine a cette vision que beaucoup de joueurs n’ont pas. Il faut l’écouter, le suivre, parce qu’il réussit souvent dans ce qu’il fait, parce qu’il tente des choses que d’autres ne voient pas. »
Face au défi du Tournoi des 6 Nations, Kalvin Gourgues affiche ses ambitions : « Essayer de pouvoir rentrer dans la rotation, gagner ma place […] Je vais travailler d’arrache-pied pour essayer de gagner cette place, de jouer un maximum de matchs avec l’équipe de France. »
Polyvalent, il évoque son poste préféré : « Je suis plus centre, mais je peux dépanner à l’ouverture et à l’arrière. Le poste de trois-quarts centre est celui où je prends le plus de plaisir. »
Son jeu se nourrit de son envie de « gagner, tout simplement » et de « créer des espaces », qu’il soit porteur du ballon ou en course à vide. Il aime également « taper au pied, plaquer, jouer les coups, venir dans les rucks », soulignant un appétit complet pour le rugby.
Pour expliquer son explosivité, il cite ses origines : « Du côté de ma mère, peut-être. Elle a des gènes de Nouvelle-Calédonie. » Mais il insiste sur le travail accompli dès son plus jeune âge dans son club formateur de Grenade-sur-Garonne, notamment sur la motricité.
Le succès de ses performances a aussi eu un impact local : « Après ma première sélection, ils ont dû refuser des licences dans mon club formateur », révèle-t-il, ravi de susciter un tel engouement malgré la frustration des jeunes non acceptés.
Enfin, questionné sur ses modèles, il cite Dan Carter et Romain Ntamack, ce dernier devenu désormais son coéquipier au Stade Toulousain. « Pour ne pas tous les citer, il y a tellement de bons joueurs qu’on regardait quand on était plus jeunes. »
Kalvin Gourgues, 20 ans, incarne ainsi la nouvelle génération du rugby français, entre talent brut, humilité et détermination. À suivre de près dans ce Tournoi des 6 Nations.
[Source : RMC Sport]







