Ce mercredi 28 janvier, Uini Atonio a dû dire « stop » à sa carrière, victime de problèmes cardiaques. À 35 ans et fort de 68 sélections, le pilier droit du Stade Rochelais met fin brutalement à une trajectoire que l’on croyait inarrêtable.
À travers les témoignages de ses pairs recueillis lors de ses 300 matchs avec le club en 2024, c’est tout un pan du rugby qui s’effondre. Pour ses adversaires directs, affronter Atonio était un défi physique et mental de premier ordre. Cyril Baille, pilier toulousain, le décrit comme une « machine de guerre » : « Quand il met des bouchons et que tu l’as en face en mêlée, tu le sens passer… C’est un des meilleurs piliers droits du monde. Un monstre ! »
Dany Priso, ancien coéquipier, souligne une rare palette technique pour un joueur de son gabarit, capable de discuter stratégie avec une « vision du jeu impressionnante ». Sa seule limite ? Ne pas « aller à 40 km/h », une vitesse de pointe hors de portée.
Arrivé en 2011 dans un Stade Rochelais alors encore discret, Atonio est devenu le symbole du club et de la ville. Avec 360 matchs de haut niveau à son actif, sa fidélité et sa longévité forcent le respect. Antoine Tichit se souvient d’un colosse agissant déjà comme le « paternel » de l’équipe des Samoa lors de la Coupe du monde U20 en 2009 au Japon.
Mais au-delà de l’athlète hors norme, c’est l’homme qui laisse une empreinte indélébile. Pour Baille, impossible de détester ce « mec en or » à la joie de vivre communicative, capable de rester humble malgré son statut. Sa décontraction même dans l’intensité d’une mêlée déstabilisait ses adversaires. Pour Atonio, le rugby restait avant tout un jeu et un plaisir partagé.
Le pilier droit tire sa révérence avec un bilan exceptionnel, laissant derrière lui l’image d’un joueur qui, selon ses confrères, « faisait la pluie et le beau temps » sur les pelouses du Top 14.







