
L’annonce de l’infarctus d’Uini Atonio et la fin immédiate de sa carrière suscitent une vive interrogation sur la surveillance médicale des athlètes de haut niveau. Laurent Chevalier, cardiologue référent de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), livre un éclairage technique sur cet épisode dramatique et ses conséquences irréversibles pour le pilier international.
**Un diagnostic précis : le syndrome coronaire aigu**
Les examens médicaux ont révélé qu’Uini Atonio a souffert d’une obstruction artérielle, confirmant un infarctus du myocarde.
**L’alerte du sternum**
La douleur ressentie pendant l’échauffement à Clermont, d’abord attribuée à une simple douleur intercostale, était en réalité le signe précurseur d’une souffrance cardiaque grave.
**L’importance du dépistage**
Dans une interview accordée à [L’Équipe](https://www.lequipe.fr/Rugby/Actualites/Expert-en-cardiologie-a-la-lnr-sur-uini-atonio-la-prediction-de-l-infarctus-est-difficile/1637216), le Dr Chevalier souligne que les examens classiques réalisés en début de saison ne permettent pas toujours de détecter une artère progressivement obstruée. Ce n’est qu’après l’apparition de symptômes que des examens spécialisés, comme la coronarographie ou l’écho-doppler, ont permis d’établir un diagnostic précis.
**Pourquoi l’arrêt de la carrière est « inéluctable » ?**
Le protocole médical de la LNR et de la Fédération Française de Rugby (FFR) est formel face aux pathologies cardiaques majeures. La décision de mettre un terme à la carrière d’Atonio repose sur deux éléments essentiels :
– **Le risque de récidive** : « L’intensité des efforts en mêlée fermée provoque des pics de tension artérielle extrêmes qui pourraient entraîner une nouvelle obstruction ou une rupture. »
– **Le traitement médical** : Après un infarctus, les patients sont souvent sous anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires. Ces traitements augmentent le risque d’hémorragies internes en cas de choc, rendant incompatible la pratique des sports de contact.
**Un suivi médical renforcé à envisager ?**
Cet incident, survenu chez un joueur de 35 ans au gabarit exceptionnel (environ 145 kg), pourrait inciter les instances à revoir les protocoles médicaux. Le Dr Chevalier rappelle que « le poids et l’âge sont des facteurs de risque accrus » et propose une réflexion pour intégrer des examens cardiaques plus approfondis, tels que le score calcique ou des épreuves d’effort plus régulières, spécifiquement pour les joueurs de première ligne de plus de 30 ans.







