Emmanuel Meafou fait le point sur ses difficultés et ses ambitions avec le XV de France
Le deuxième ligne international français Emmanuel Meafou s’est livré sans détour dans les colonnes de Midi Olympique. Le joueur du Stade Toulousain y a évoqué la saison dernière particulièrement compliquée qu’il a traversée, marquée par une perte de motivation et une spirale mentale difficile à surmonter.
« L’an passé, je crois que j’ai eu… (Il s’arrête) Quand j’ai commencé à moins bien jouer, j’ai essayé de forcer. Et plus je forçais, moins je jouais bien. Je n’étais plus moi-même. Je ne prenais plus de plaisir dans mon jeu. Quand tu viens tous les jours au stade, que tu n’es plus content… Puis, tu commences à ne plus être dans le XV de départ, puis plus dans les vingt-trois. C’était une mauvaise dynamique », confie-t-il sans langue de bois.
Cette période noire l’a plongé dans une spirale négative difficile à briser : « Oui, ça me prenait la tête. Je suis tombé dans une spirale mentale négative. Et, si tu gardes ça en toi, tu peux y rester longtemps. C’est très dur d’en sortir. Heureusement, j’ai ma famille et de nombreux proches autour de moi qui m’ont beaucoup aidé par rapport à ça. En parlant de ma santé, de mon état mental et du reste. J’ai eu la chance d’être bien entouré et ce n’est pas le cas de tous les joueurs. J’ai réussi à passer ce cap et, maintenant, je me sens très bien. »
Pour retrouver son équilibre, Meafou a su se fixer de nouveaux objectifs : « Il faut toujours avoir quelque chose à aller chercher, être finalement content de ne pas tout posséder. J’étais dans le dur l’an dernier, parce que j’ai arrêté de progresser et je m’en voulais de ne pas être meilleur que la saison précédente. Je voulais tout avoir. En fait, j’avais envie d’être meilleur que ce que j’étais à ce moment-là. Mais, parfois, il faut comprendre que les choses prennent plus de temps qu’on le voudrait. »
Remplaçant lors des phases finales du Top 14 2024/2025, le Toulousain s’est entretenu avec son manager Ugo Mola pour mieux comprendre sa non-titularisation : « Ugo Mola m’avait dit ce qu’il attendait de moi, que mon rôle était très important aussi. Déjà, il faut penser à tous les autres joueurs et savoir qu’il y a toujours pire. Moi, je râlais un peu parce que j’étais sur le banc ou pas toujours dans le groupe. Mais il y a des mecs qui rêvent d’aller à Marcoussis, de s’entraîner avec le XV de France. Moi, j’ai la chance d’y être. Il faut voir le côté positif. Sinon, tu te prends la tête et tu finis par ne plus jamais être heureux dans la vie. »
Malgré des performances mitigées avec Toulouse en début de saison, Emmanuel Meafou a été sélectionné pour la tournée d’automne avec le XV de France, une marque de confiance qu’il savoure pleinement : « Je sais que je n’ai pas fait de gros matchs avec Toulouse en début de saison. Alors, voir que j’avais la confiance du staff, ça m’a renforcé et m’a donné envie de lui rendre cette confiance, de montrer que j’étais encore capable de réaliser de grosses performances. Quand on t’offre une chance de participer à un match aussi important que celui contre l’Afrique du Sud par exemple, tu ne veux pas t’arrêter là. Tu veux montrer aux entraîneurs qu’ils ont fait le bon choix. »
Enfin, conscient de la forte concurrence au poste de deuxième ligne en équipe de France, Meafou reste lucide : « Romain Taofifenua avait poursuivi sa carrière internationale et reste un très bon joueur. La concurrence est grande en deuxième ligne, en quatre et en cinq. Même si, quand il est disponible, je pense que « La Flamme » (surnom de Flament, NDLR) est parti pour garder longtemps son numéro quatre ! Mais, en cinq, beaucoup de joueurs progressent et je sens que, si je commence à faire des matchs moyens, ils seront là pour répondre présent. Heureusement que Josh Brennan et Micka Guillard peuvent passer en troisième ligne et me laisser un peu tranquille (rire). Sérieusement, c’est très bien pour l’équipe de France d’avoir beaucoup de mecs capables de jouer dans ce secteur. »
Emmanuel Meafou affiche ainsi une maturité prometteuse, prêt à rebondir et à défendre son rang dans un XV de France en quête d’excellence.







