
L’ancien sélectionneur du XV de France, Guy Novès, s’est confié dans les colonnes de Midi Libre, offrant un regard éclairé sur l’état actuel du rugby français et les perspectives pour l’équipe nationale.
Selon lui, l’identité de jeu des Bleus s’inspire fortement des modèles du Stade Toulousain et de l’Union Bordeaux-Bègles. « Aujourd’hui, l’équipe de France se base beaucoup sur le jeu toulousain et le jeu bordelais, soit un jeu debout, de passes. Défensivement, c’est très costaud. Bordeaux-Bègles s’approprie ce jeu-là progressivement. Et Toulouse, c’est déjà acquis, bien évidemment. »
Pour Novès, la clé du succès réside dans la cohésion et la complémentarité des joueurs : « Quand on est sélectionneur et qu’on prépare une échéance aussi importante, on met des joueurs qui jouent le mieux entre eux, qui vont vous apporter quelque chose en plus. À tous les postes, il y a ce qu’il faut. Les jeunes ont été trois fois champions du monde (2018, 2019, 2023), vous vous rendez compte des générations qui arrivent ? Les lendemains de l’équipe de France sont assurés. »
Face à l’exigence internationale, il insiste sur la nécessité d’être solide dans toutes les phases de jeu : « Pour battre les meilleurs, il faut, a minima, être aussi fort à tous les niveaux. La mêlée ? Uini Atonio a fait les beaux jours de l’équipe de France par le passé, devons-nous nous baser sur lui pour l’avenir ? Je n’en suis pas certain. »
Le débat autour du choix entre Jalibert et Ntamack ne lui échappe pas. Novès questionne la capacité de Jalibert à confirmer ses performances nationales au niveau international : « Jalibert ou Ntamack ? Il vaut mieux avoir deux talents que pas de choix du tout. Jalibert fait un excellent début de saison, il se promène. Est-ce qu’il aura la même promenade au niveau international ? C’est la vraie question. Romain, même s’il est moins étincelant, on sait ce qu’il peut apporter sur le terrain international. »
Enfin, sur la mise à l’écart de Grégory Alldritt, Novès ne doute pas de l’importance du troisième ligne dans l’ossature de l’équipe : « Gregory Alldritt peut changer de tenue lorsqu’il porte le maillot de l’équipe de France. Maintenant, il ne faut pas négliger les jeunes qui arrivent. Aujourd’hui, on demandera à Alldritt d’être le meilleur à son poste, on ne peut avoir une copie moyenne de sa part. Je pense qu’il reste un pilier de l’équipe. Puis il s’entend bien avec Antoine (Dupont). L’équipe peut être bâtie autour d’eux. »
Malgré ses 72 ans, Novès observe toujours avec passion l’évolution du rugby français, notamment les jeunes talents : « Peut-être que je regarde les matches avec un peu plus de détachement, je vais quand même avoir 72 ans (rires). Je regarde beaucoup plus le Stade Toulousain, évidemment. Je remarque que (Kylian) Gourgues est intéressant sur ce qu’il propose. »
Un regard d’expert qui reconnait la richesse du vivier et l’importance de bâtir une équipe solide pour affronter les défis à venir.







