L’émotion est à son comble au Stade Rochelais. Dans une chronique bouleversante, Ronan O’Gara a dévoilé les coulisses dramatiques de l’accident cardiaque de son pilier droit international, Uini Atonio, survenu lors du dernier déplacement du club à Clermont.
Le manager irlandais raconte comment Atonio, d’abord persuadé qu’il s’agissait d’une simple douleur musculaire, a sous-estimé la gravité de son état. « Le premier scanner a suscité l’inquiétude », confie O’Gara, révélant la découverte d’un « grave problème coronarien » à son retour d’Auvergne.
L’entraîneur décrit ensuite une scène forte à l’hôpital, témoignant du caractère et de la volonté du joueur, mais aussi de l’angoisse du corps médical : « Il s’est rendu à l’hôpital en voiture, s’est garé, et une fois informé qu’il aurait de l’attente, il est revenu la déplacer, accompagné de deux cardiologues anxieux. Tout ce que je souhaite maintenant, c’est de voir Uini récupérer sa voiture et rentrer chez lui, auprès de sa merveilleuse femme et ses deux adorables enfants. »
Malgré une première intervention chirurgicale réussie mardi soir, O’Gara reste prudent : « Mais ce n’est pas fini. D’autres interventions sont prévues la semaine prochaine. Nous ne sommes pas encore tirés d’affaire », écrit-il, laissant transparaître une douleur vive.
L’image de ce colosse au physique impressionnant, désormais affaissé sur son lit de soins intensifs, hante l’entraîneur : « Être là, à contempler cet homme imposant, branché à des appareils électroniques sur un lit d’hôpital, est une image qui restera gravée dans ma mémoire. »
Avec le recul, l’Irlandais repense aux matchs joués par Atonio les semaines précédentes, notamment contre les Harlequins en Coupe d’Europe. « Je pense qu’il a joué contre les Harlequins dans des conditions extrêmement difficiles. Il m’a dit ce jour-là qu’il n’avait pas l’impression de s’être remis du match au Leinster une semaine auparavant. Le fait qu’il ait joué contre les Quins me donne des frissons. Et s’il avait joué contre Clermont ? Lorsque le président Merling, le directeur général Venayre, le médecin et moi-même nous sommes retrouvés à son chevet, le choc était palpable. Vraiment palpable. Il l’a échappé belle. »
O’Gara conclut en rappelant le rôle central d’Atonio dans le club : « À chaque arrêt sur une aire de repos après un match, il payait la boîte de Pringles, le sandwich et tout le reste pour les jeunes. Au restaurant, il réglait leur addition. Je ne connais personne, dans aucun club du monde, qui ait eu l’impact et l’influence d’Atonio à La Rochelle. »
Pour le prochain match ce samedi face à Lyon, le résultat sportif passe au second plan pour Ronan O’Gara : « On pense beaucoup à lui. On est tous sceptiques. Peu importe le résultat contre Lyon, au moins je pourrai aller à l’hôpital le voir et râler. Cela me suffit pour l’instant. Certains n’ont pas eu cette chance. »







