Le mur basque a fini par céder. Ce samedi, le Stade Toulousain a dû puiser dans ses ressources pour dominer une équipe de l’Aviron Bayonnais métamorphosée par son engagement, mais trop indisciplinée pour espérer l’exploit (31-10).
Longtemps en mesure de faire douter les champions en titre, les Basques ont finalement cédé face à la maturité et à la profondeur du banc toulousain, qui ont fait la différence dans le dernier quart d’heure, offrant aux Rouge et Noir un bonus offensif précieux. Pour Bayonne, le bilan est amer : l’envie est enfin là, mais les résultats se font toujours attendre.
Malgré la lourde défaite, le manager basque Grégory Patat a salué la réaction d’orgueil de ses joueurs, notamment après la déconvenue contre Castres. Il déplore cependant un manque d’initiatives répété.
Dans des propos relayés par L’Équipe, le technicien ciel et blanc a reconnu la supériorité des Toulousains tout en soulignant le regain d’intensité de son équipe : « Au niveau de l’état d’esprit, du caractère et de l’engagement, c’était bien. Mais on n’a pas eu assez de possession pour exister. On a subi la pression du Stade Toulousain, il y a eu 17 pénalités contre nous, il y avait une classe d’écart. Mais il y avait aussi une intensité et une volonté de challenger le Stade Toulousain que je n’avais pas vue depuis plusieurs semaines. On a respecté les collisions, à 13 contre 15 on n’a pas pris de points au retour des vestiaires. On va se satisfaire de ce peu avant les vacances. On était revanchards après la défaite à domicile contre Castres (10-13). »
Conscient de l’enjeu comptable crucial, Patat préfère mettre de côté les ambitions de phase finale pour se concentrer sur le maintien : « On a été fortement déçus, mais il faut vite rebondir parce que ce Top 14 est impitoyable. C’est un championnat très homogène, très serré. Là, on est dans le dur sur le plan comptable et rugbystique, mais on va continuer à travailler pour avancer. Le top 6 ? Franchement, on n’en parle plus. Il y a des semaines d’entraînement abouties, de l’énergie, mais il faut qu’on arrive à regagner des matches. Le prochain sera face au Racing 92 et on va se concentrer là-dessus. Trente points encaissés, c’est trop pour pouvoir gagner des matches à l’extérieur. »
Enfin, le manager regrette une certaine prudence tactique qui freine son équipe : « Allez, 19 ou 20 points, ça peut passer, à condition que tu marques. Je trouve qu’on est une équipe à réaction, qui regarde souvent. On l’a vu contre le Leinster en Coupe des champions, on le voit contre Toulouse, il ne faut pas attendre d’avoir peur pour avancer. Il faut qu’on arrive à être ambitieux, à aller provoquer les choses. On attend toujours de prendre un essai ou une claque avant de réagir. Aujourd’hui, on a quand même été acteur. Mais il faut qu’on soit plus costaud sur la conquête. »







