C’est la fin des longues pauses entre les matchs du Tournoi des Six Nations. Pour l’édition 2026, ce rendez-vous majeur du rugby européen adopte un nouveau format : la suppression d’une semaine de repos. Les équipes devront désormais enchaîner cinq rencontres en seulement six semaines, un rythme soutenu qui bouleverse les habitudes des joueurs comme des supporters.
**Un calendrier resserré pour plus de clarté**
Cette réforme vise à rendre le rugby plus lisible et à mieux coordonner les calendriers entre sélections masculines, féminines et clubs. Abdelatif Benazzi, ancien international et président du comité des Six Nations, explique au média Rugby Pass : « Le Championnat des nations a rajouté un nouveau match international, en novembre. Le calendrier est surbooké, il fallait enlever les semaines. »
Pour lui, ce changement est aussi une opportunité de renforcer la cohésion des équipes, à l’image d’une grande compétition : « Je pense que c’est bien pour beaucoup d’équipes qui passent la majorité de leur Tournoi des Six Nations ensemble. C’est quand même une petite Coupe du monde, au lieu de repartir dans leur club. Et même pour l’équipe de France, c’est une bonne chose aussi parce que les joueurs vont rester un peu plus ensemble. »
**Un casse-tête pour les entraîneurs**
Avec des matchs quasiment chaque week-end, la fatigue des joueurs risque de s’accumuler, obligeant les sélectionneurs à une gestion plus fine des effectifs. Fabien Galthié, sélectionneur des Bleus, a déjà commencé à tester de nouveaux profils tout en rappelant l’aspect évolutif de ses choix : « La sélection, c’est une photo à l’instant T. Elle peut bouger dès la prochaine convocation. »
Ce calendrier compact permettra aux joueurs de rester plus longtemps à Marcoussis, sans retour fréquents dans leurs clubs, renforçant ainsi le travail collectif et la préparation tactique. Mais cette intensité comporte un défi physique majeur : enchaîner trois confrontations internationales consécutives avant un seul week-end « off » impose une préparation athlétique rigoureuse.
**Un enjeu économique et sportif**
Outre la meilleure lisibilité sportive, cette réforme répond aussi à des impératifs financiers et médiatiques. Les diffuseurs souhaitent éviter les week-ends sans rencontres, qui rompent le rythme et l’ambiance du Tournoi. En condensant les matchs, l’intérêt des spectateurs est maintenu du début à la fin.
Du côté des clubs comme Toulouse, Toulon ou La Rochelle, la nouvelle organisation soulage partiellement la période d’absence de leurs internationaux, désormais concentrée sur six semaines. Mais cette intensité accrue fait grimper le risque de blessures. Le pari est donc clair : une fenêtre internationale plus courte, mais nettement plus exigeante.







