Après 334 jours d’absence due à une grave blessure au genou, Antoine Dupont retrouve son rôle de capitaine ce jeudi soir face à l’Irlande. Un retour très attendu qui suscite autant de joie que d’inquiétude chez ses adversaires.
Même ses plus farouches rivaux saluent son talent exceptionnel. Andy Farrell, entraîneur de l’Irlande, ne mâche pas ses mots : « Tout le monde dit qu’Antoine est le meilleur joueur du monde aujourd’hui et nous sommes d’accord avec ça. Il va toujours rendre meilleures les équipes dans lesquelles il évolue. »
Pour Sione Tuipulotu, capitaine de l’Écosse, c’est un plaisir de revoir Dupont en pleine forme : « Les joueurs comme lui, on aime surtout les voir sur le terrain et pas à l’infirmerie. »
Le capitaine irlandais Caelan Doris compare le Français à un animal insaisissable : « Je l’ai déjà décrit comme un de ces petits poissons qu’on essaie de toucher et qui s’échappent aussitôt. Nous devons défendre sur lui à deux ou trois, mais aussi être très méfiants, notamment autour des regroupements, où il crée souvent du danger. »
Gregor Townsend, sélectionneur de l’Écosse, résume parfaitement l’état d’esprit général face à Dupont : « Il est génial à regarder, mais l’affronter est un cauchemar. Est-ce que l’on aime jouer contre lui ? Bien sûr que non, il est tellement bon. »
Ce retour marque l’un des grands événements du rugby mondial au début de l’année 2026. Si le moindre de ses faits et gestes fait l’objet de nombreux commentaires, c’est parce qu’Antoine Dupont incarne un joueur complet et exceptionnel.
Rugby oblige, Dupont impressionne aussi par son physique. Malgré sa taille modeste pour ce sport, il dégage une force hors norme, comme en témoigne sa victoire au « grip challenge » — un défi de force de la main remporté face à des joueurs bien plus imposants. Gregor Townsend insiste sur cette polyvalence : « Il est capable de tout faire : taper loin des deux pieds, casser des plaquages, possède une passe exceptionnelle et il est aussi un des meilleurs plaqueurs du monde. » Ce côté « couteau suisse » rend ses adversaires désemparés, incapables de prévoir ses actions.
Mais au-delà de ses performances individuelles, c’est son rôle de leader qui change la donne. Sous son capitanat, l’équipe de France gagne en confiance et en cohésion. Ses coéquipiers savent qu’il peut débloquer n’importe quelle situation. Pour l’Irlande, le défi ne s’arrête donc pas à Dupont seul, mais concerne toute une équipe française retrouvant son « leadership » et son guide tactique.
Revenir d’une rupture des ligaments croisés à 29 ans n’est jamais simple. Beaucoup de joueurs peinent à retrouver leur niveau ou redoutent les contacts. Pas Antoine Dupont. Gonzalo Quesada, entraîneur de l’Italie, loue son « caractère incroyable » : « Plus la pression est forte, plus il est performant. Il revient comme s’il n’était jamais parti », avec la même envie et la même vitesse. Cette force mentale impressionne sans cesse ses rivaux.
Jeudi soir, au Stade de France, tous les regards seront tournés vers le numéro 9 français. Pour l’Irlande, ce sera « l’un des plus grands défis » à relever. Arrêter Dupont, c’est tenter d’éteindre le moteur du XV de France. Pourtant, comme il l’a déjà prouvé, même quand on pense l’avoir bloqué, il trouve toujours une faille pour s’échapper.
Les supporters tricolores attendent désormais avec impatience de voir si ce « petit poisson » continuera à faire tourner la tête des défenseurs en vert.







