Le Top 14 s’apprête à franchir un cap économique majeur. Ce mercredi, le comité directeur de la Ligue nationale de rugby (LNR) a validé une série d’évolutions du salary cap, résultat de longues négociations entamées à l’automne 2025. Cette réforme vise à rééquilibrer la concurrence, mieux protéger les joueurs… et limiter certains avantages jugés excessifs, notamment ceux du Stade Toulousain.
Le Figaro fait le point.
### Un plafond salarial relevé pour renforcer les effectifs
La refonte du salary cap, attendue depuis plusieurs mois, est présentée comme un levier indispensable pour adapter le Top 14 aux exigences du très haut niveau. Les acteurs du dossier soulignent la nécessité de densifier les effectifs dans un calendrier toujours plus intense.
Concrètement, le plafond salarial, fixé à 10,7 millions d’euros, passera à 11 millions dès la saison 2026-2027. Il augmentera ensuite de 100 000 euros par saison pour atteindre 11,3 millions en 2029-2030. Par ailleurs, la limite de 35 contrats professionnels est supprimée, offrant ainsi plus de souplesse aux clubs dans la gestion de leurs effectifs et la répartition du temps de jeu.
### Crédits internationaux : un avantage réduit pour les gros pourvoyeurs de Bleus
Au cœur du débat, le système de crédits internationaux va considérablement évoluer. Jusqu’à présent, les clubs fortement représentés en équipe de France bénéficiaient d’un avantage important : chaque joueur sur la liste Premium des Bleus générait 180 000 euros de dépassement autorisé du salary cap. Le Stade Toulousain a largement profité de ce mécanisme, avec parfois plus de 2,5 millions d’euros supplémentaires dans son budget.
À partir de la saison 2027-2028, la LNR instaure un plafond global de crédits internationaux par club, calculé de façon dégressive selon le nombre de joueurs concernés. Ainsi, le crédit sera de 210 000 euros pour un premier joueur, puis diminuera progressivement pour atteindre un maximum cumulé de 1,575 million d’euros pour 14 joueurs et plus.
Cette mesure vise clairement à réduire les écarts budgétaires et répondre aux critiques récurrentes des concurrents du triple champion de France en titre.
### Droit à l’image : des avancées jugées trop modestes
Sous la pression des internationaux les plus médiatisés, la LNR a introduit quelques ajustements quant au droit à l’image. Dès la saison 2026-2027, certains revenus liés à l’image seront exclus du calcul du salary cap.
Toutefois, les joueurs concernés estiment ces concessions « timides » et espéraient une réforme plus ambitieuse pour valoriser leur image individuelle.
### Durcissement en cas de dépassement : fin de la médiation pour les gros manquements
Enfin, le régime disciplinaire s’assouplit pour les petits dépassements, mais se durcit pour les infractions majeures. Dès la saison prochaine, seuls les dépassements inférieurs à 200 000 euros pourront faire l’objet d’une médiation. Au-delà, ou en cas de manquement à l’obligation de transparence, les sanctions sportives seront automatiques, sans possibilité de négociation.
Cette mesure fait écho à l’affaire Jaminet, où le Stade Toulousain avait négocié une amende de 1,3 million d’euros, nettement inférieure aux sanctions maximales possibles.
La LNR a annoncé ces modifications avec ce message :
« La LNR a annoncé des modifications dans le fonctionnement du salary cap du Top 14 à partir de la saison 2026-2027 ! En voici les principales mesures :
-Le plafond du salary cap passera de 10,7 à 11 millions d’euros la saison prochaine, puis augmentera de 100 000 euros par saison… »







