À quelques heures du coup d’envoi du Tournoi des Six Nations 2026, l’ambiance est à la fois électrique et pleine d’attentes. Le retour d’Antoine Dupont sous le maillot tricolore marque l’un des événements majeurs de ce premier choc face à l’Irlande. Le capitaine français s’est livré en exclusivité à Midi Olympique, dévoilant les coulisses de ce comeback très attendu.
**Un retour sans fantômes**
Onze mois après sa rupture des ligaments croisés subie contre l’Irlande, Dupont balaie tout traumatisme. « Lorsque nous avons retravaillé les images du match de l’année dernière, ça n’évoque évidemment pas que de bons souvenirs », reconnaît-il, sans toutefois céder à la fatalité.
« C’était un accident de jeu, rien de volontaire. Ça aurait pu arriver sur n’importe quel match et c’est simplement tombé contre l’Irlande. Ça n’a en rien modifié ma préparation », affirme le demi de mêlée.
Aujourd’hui, seul le plaisir domine : « Je me sens bien. Je suis content d’avoir déjà plusieurs matchs dans les jambes. Les sensations sont bonnes. Il n’y a pas d’appréhension, au contraire, beaucoup d’excitation à l’idée de démarrer ce Tournoi des Six Nations. »
**La gestion d’un calendrier atypique**
Cette édition introduit un changement inédit avec des rencontres programmées le jeudi soir. « Jouer à 21 heures, on y est habitués. En revanche, jouer un jeudi soir, je ne crois pas que ça nous soit déjà arrivé », remarque Dupont.
« Mais comme toute la préparation a été calquée sur ce rythme, on a un peu perdu la notion des jours. On a presque l’impression d’être vendredi plutôt que mercredi aujourd’hui, donc tant mieux. Je ne pense pas que cela nous ait perturbés », ajoute-t-il.
**Favoris ? « Les pronostics sont rarement respectés »**
Malgré la confiance des observateurs qui placent la France en tête, le capitaine reste prudent. « Beaucoup le disent parce que cette année nous recevons trois fois et que, statistiquement, il y a plus de victoires à domicile qu’à l’extérieur. Cela nous donne une bonne position de départ. Mais on sait aussi que les pronostics sont rarement respectés. »
Il rappelle l’expérience récente pour nuancer l’optimisme : « L’an dernier, on ne s’attendait pas forcément à gagner le tournoi et, l’année précédente, alors que l’on semblait plus armés, on s’est manqués dès le premier match. »
Pour Dupont, l’essentiel est de rester concentré sur son propre jeu : « Cette expérience nous a surtout appris à nous concentrer sur nous-mêmes plutôt que sur ce qui se dit autour. »
**Une victoire « presque obligatoire »**
Pour ce premier rendez-vous au Stade de France, la consigne est claire : « Il est beaucoup trop tôt pour parler de bonus ou de Grand Chelem. On en est très loin. Mais commencer le tournoi par un match à domicile implique presque une victoire obligatoire si on veut nourrir des ambitions. »
Au-delà du simple calcul comptable, Dupont insiste sur l’enjeu moral : « Pour bien lancer la compétition, créer des automatismes et des repères collectifs, c’est toujours plus simple de le faire après une victoire. »
**Un capitanat retrouvé naturellement**
Après un an d’absence, le Toulousain a retrouvé son rôle de leader sans difficulté. « Honnêtement, lors de ma reprise, je me suis d’abord concentré sur moi-même, sur le fait de retrouver des repères et de la confiance. Mais tout est revenu assez rapidement, y compris ce rôle de capitaine. Je n’ai pas ressenti de grande différence par rapport à avant. Ça s’est fait naturellement. »
« Il y a quelques mois, je n’aurais peut-être pas imaginé que tout se remette en place aussi vite, donc je suis très content », confie-t-il.
**Son regard sur Jalibert et l’Irlande**
Protecteur envers son partenaire de charnière, il rappelle la pression constante : « Oui, ce n’est pas nouveau. Les numéros 10 sont toujours très exposés, que ce soit positivement ou négativement. »
Convaincu du potentiel du Bordelais, il affirme : « On connaît la qualité du joueur qu’il est. On espère qu’il exprimera tout son potentiel et qu’il s’inscrira dans la continuité de ce qu’il montre depuis le début de la saison. »
Enfin, Dupont met en garde contre toute sous-estimation des Irlandais : « C’est souvent lorsqu’on sous-estime une équipe qu’on se fait surprendre. L’Irlande reste très expérimentée. Même avec des blessures, quand on regarde leur composition, ce sont uniquement des joueurs habitués au niveau international. »
Le capitaine voit en eux une machine bien huilée : « Leur jeu évolue peu malgré les rotations et ils maîtrisent parfaitement ce tournoi. On peut donc s’attendre à un gros match face à une équipe pleinement au rendez-vous. Ils passent très rarement à côté d’un Tournoi. »







