Pour son grand retour en équipe de France, l’ouvreur bordelais Matthieu Jalibert a brillé face à l’Irlande, contribuant largement à la victoire bonifiée des Bleus.
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, le joueur s’est réjoui du bon début du Tournoi des Six Nations pour la France. « On est content, c’est toujours compliqué de bien commencer le Tournoi. Au niveau de notre jeu, je pense qu’on a fait de bonnes choses. On a été fort sur nos bases, costauds, ce qui nous a permis de mettre de la vitesse malgré les conditions un peu humides », a-t-il confié.
Jalibert a expliqué comment les Bleus ont étouffé les Irlandais dès l’entame du match. « On a d’abord été très efficaces sur les rebonds, sur les duels aériens. C’est un truc qu’on essaie de travailler, on sait qu’on est perfectibles sur ce domaine-là. C’est un secteur qu’on travaille au niveau de notre organisation. On sait qu’avec les nouvelles règles, c’est très dur de gagner le ballon sur les duels en un contre un. Ça se joue surtout à la retombée et ça nous a souri ce soir. En première mi-temps, je pense que tout tombait de notre côté. Ça ne leur a pas permis de nous imposer cette pression qu’ils voulaient nous mettre. Nous, on a trouvé des jeux au pied dans la profondeur, dans les espaces, sur le terrain, pour les chasser, ce qu’on a bien fait. C’est quelque chose de positif au niveau de la stratégie. »
L’ouvreur a également salué la complémentarité de l’axe 9 – 10 – 15, essentiel dans le système de jeu français. « Dans notre système, il y a le 9, le 10 et le 15 qui sont très influents. Thomas, c’est quelqu’un qui adore être au cœur du jeu et prendre les responsabilités. C’est positif d’avoir deux numéros 10 sur le terrain parce qu’on ne peut pas être partout. Ça nous permet d’être menaçants des deux côtés et c’est en ce sens qu’on a travaillé pendant dix jours. Je pense qu’aujourd’hui, ça a plutôt bien fonctionné. »
L’équipe de France a aussi misé sur un rythme élevé pour déstabiliser physiquement l’Irlande. « C’était un point aussi sur lequel on voulait appuyer : mettre du rythme. L’équipe d’Irlande, physiquement, parfois, peut pécher. Nous, on voulait emballer le match et essayer de les sortir des structures qu’ils ont l’habitude de défendre et d’analyser en match. Là où ils sont très forts, c’est quand ils sont dans leur système. Mais quand on sort de tout ça, c’est là qu’ils sont un peu plus en difficulté. Avec la vitesse qu’on a derrière, on savait que les touches ou les pénalités vite jouées pouvaient les mettre à mal. »
Malgré un passage à vide en seconde période, les Bleus ont su réagir pour conserver leur avance. « On a tangué un petit peu, il y a eu plus d’indiscipline de notre part, ce qui leur a permis de facilement revenir dans notre camp. Ils ont aussi des qualités et ont réussi à nous mettre à mal pendant dix, quinze minutes. Mais il y a eu une belle réaction sur la fin du match pour les repousser et marquer ce dernier essai. »
La discipline, souvent mise à mal dans les dernières échéances, a cette fois été soulignée par Jalibert. « On sait qu’on a une bonne défense mais ce qui nous a fait défaut, notamment en novembre, c’est qu’on a été énormément pénalisés sur des hors-jeu. C’est important, face à des équipes comme ça, de ne pas donner des possessions faciles et de s’installer avec des pénaltouches dans notre camp car après, c’est très difficile à défendre. On a globalement fait une bonne partie à ce niveau-là. »
Sur le plan personnel, Jalibert a savouré ce retour. « Très bien. Il y a eu quelques modifications au niveau du système de jeu qui nous ont permis de toucher pas mal de ballons. Encore une fois, il faut féliciter les gros qui nous ont mis dans l’avancée, qui ont été capables de faire jouer après eux. On a pris beaucoup de plaisir à jouer ce match et à titre personnel, je suis très content aussi. J’ai essayé de jouer mon jeu, de ne pas me prendre la tête avec tout ce qui peut se passer autour. Après certains matchs en équipe de France, quand je rentrais, j’avais un peu de regrets parce que j’avais l’impression de ne pas être moi-même. C’était juste ce que je voulais ce soir : tout donner, même si tout n’a pas été parfait, prendre du plaisir et sortir la tête haute à la fin du match. »
Enfin, après un plaquage musclé en fin de partie, Jalibert a rassuré sur son état de santé. « Je n’ai pas trop vu, forcément, mais j’ai entendu Thomas qui râlait un peu. Sur le moment, je pensais que c’était à la limite. Ça l’était un peu, mais globalement, ça reste quand même dans l’action. L’important, c’est que tout va bien pour moi (sourire). »







