Le consultant rugby de L’Équipe, Jean-Baptiste Elissalde, a décortiqué la performance du XV de France lors de la victoire convaincante des Bleus contre l’Irlande, jeudi soir au Stade de France.
« Le sélectionneur avait raison. Il avait dit cette semaine que ce premier match ne serait pas parfait. Pourtant, ça l’a été quasiment durant 55 minutes. Il n’y a alors pas eu grand-chose à jeter. La dépossession était parfaite. Notre jeu de transition aussi. On ne leur donnait rien. L’équipe était disciplinée. Elle a récupéré des ballons hauts. Elle avait bien travaillé le hors-jeu pour ne pas être sanctionnée et ça s’est vu », a souligné Elissalde.
Pour autant, un coup de mou a marqué la fin de la rencontre. « Pendant 55 minutes, les joueurs ont donné tort au sélectionneur. Puis ils lui ont donné raison. C’est devenu plus difficile. Peut-être en raison du coaching mais ce n’est pas la seule raison. Ce serait trop sévère de le pointer du doigt », a-t-il analysé.
Le consultant identifie plusieurs facteurs à ce relâchement en seconde période : « Ça vient sans doute d’un relâchement plus général, quelques scories que l’on n’avait pas vu avant, un ballon ou deux perdus dans les airs alors qu’on avait dominé ce secteur auparavant, de la fatigue et un supplément d’énergie des Irlandais. Là, on a commencé à faire des fautes, on s’est fait gratter deux ou trois ballons au sol. L’Irlande est revenue dans la partie et a marqué deux essais à cause d’un flottement de notre part. Mais ça s’est bien fini. »
Malgré ce léger passage à vide, Jean-Baptiste Elissalde voit cette performance comme un socle solide pour la suite du Tournoi des Six Nations. « Ce match est une bonne base pour la suite. C’est toujours très dur de rentrer dans cette compétition. Les Français n’avaient que cinq entraînements en commun. On a vu quelques nouveautés dans le jeu aussi. Ils ont joué plus autour du numéro 10 que par le passé. »
L’ancien demi de mêlée interroge également cette orientation tactique : « Est-ce une adaptation stratégique par rapport à l’adversaire ? Ou est-ce pour donner plus de ballons à Matthieu Jalibert comme à Bordeaux ? C’est la question que je me pose après ce match. J’étais persuadé qu’ils allaient garder leur système en jouant beaucoup plus proche autour de Dupont, deux, trois fois avant que Matthieu touche le ballon. On le saura plus tard dans ce Tournoi. En tout cas, il m’a plu. Il a été parfait sur ses points forts. Et en défense, il a été intéressant pour une partition plus que réussie. »
Au-delà d’une victoire en béton, cette première sortie promet une équipe de France ambitieuse et en progrès, prête à relever les défis à venir.







