La victoire éclatante des Bleus face à l’Irlande (36-14) a été marquée par un épisode tendu en toute fin de rencontre. À la 79e minute, alors que le score était déjà acquis, un contact d’une rare violence a figé le Stade de France : le deuxième ligne irlandais James Ryan a chargé Matthieu Jalibert juste après que ce dernier ait dégagé son camp au pied.
Malgré la brutalité du plaquage, le demi d’ouverture tricolore s’est relevé pour servir une dernière fois, offrant un essai à Théo Attissogbe. Depuis, la légalité du geste fait débat parmi les supporters.
À vitesse réelle, l’impact semble survenir à retardement, laissant penser à un plaquage sanctionnable. Pourtant, Karl Dickson, l’arbitre du match, a laissé continuer le jeu. Pour clarifier cette situation, Mathieu Raynal, responsable de l’arbitrage français, s’est immédiatement exprimé, reconnaissant la légitimité des questions soulevées par le public.
Dans une interview accordée à Midi Olympique, il a expliqué : « C’est normal que cette situation-là suscite le débat. »
L’ancien arbitre international a détaillé les critères techniques justifiant la décision de ne pas sanctionner l’impact : « En réalité, dans cette situation, tous les arbitres considèrent le plaquage comme connecté. C’est-à-dire que Ryan est déjà engagé dans le plaquage au moment où Matthieu Jalibert tape au pied. On considère donc que le plaquage est dans la continuité de l’action, du mouvement. Au niveau international, les joueurs parcourent en moyenne 8 mètres par seconde donc au moment où Matthieu Jalibert tape dans le ballon, il doit rester deux mètres à James Ryan et tout se passe en une fraction de seconde. C’est à la fois une question de timing et de ressenti de l’arbitre, comme beaucoup de situations dans notre sport qui est quand même complexe. Mais la notion la plus importante, c’est la notion de vitesse, d’espace et de temps. »
Dans le rugby moderne, où les impacts sont toujours plus puissants, les arbitres doivent distinguer la violence d’un choc de la violation des règles. Ici, l’engagement de James Ryan était déjà irréversible au moment du dégagement de Jalibert.
« C’est un plaquage avec beaucoup d’intensité, certes, mais il était déjà engagé au moment où Mathieu Jalibert touche le ballon donc, c’est acceptable », poursuit Mathieu Raynal.
Ainsi, l’absence de sanction s’explique par la fluidité de l’action : Ryan ne cherche pas à percuter un joueur sans ballon, il termine un mouvement initié avant le coup de pied. Cette analyse technique met fin à la polémique, confirmant que si « le choc est impressionnant », il reste parfaitement conforme aux règles d’un sport de combat collectif.







