Manager respecté du Stade Rochelais et légende du rugby irlandais, Ronan O’Gara a suivi de près le début du Tournoi des Six Nations 2026 avec une attention particulière portée au XV de France. Dans sa chronique pour l’Irish Examiner, il salue la puissance des Bleus tout en pointant une faiblesse susceptible de faire la différence lors des grandes échéances internationales.
**Une domination française « dévastatrice »**
L’ancien ouvreur du XV du Trèfle estime que la rencontre a basculé dès que les Français ont pris le contrôle physique et tactique du match. Selon lui, son équipe nationale a été rapidement dépassée :
« Dans tous les scénarios d’avant-match, la compétitivité de l’Irlande était directement liée à sa capacité à empêcher les hôtes de trouver leur rythme. L’Irlande a échoué trop tôt et trop souvent dans cette tâche. Aucune équipe de rugby au monde n’est aussi dévastatrice que les Français lorsqu’ils ont le vent en poupe. »
**Thomas Ramos et Antoine Dupont, maîtres du tempo**
O’Gara loue particulièrement le leadership d’Antoine Dupont, mais c’est au joueur toulousain Thomas Ramos qu’il réserve ses éloges les plus forts. Il souligne l’incroyable anticipation et la vitesse de lecture du jeu de l’arrière :
« De retour après une grave blessure, le capitaine a donné le ton en matière d’ingéniosité et d’intensité mais il n’était pas seul. Le plus souvent, Thomas Ramos joue un jeu différent, à un rythme plus rapide, avec deux secondes d’avance sur tous les autres. C’est un joueur exceptionnel, le meilleur parmi les meilleurs. »
Il salue également les performances d’autres piliers de l’attaque tricolore, comme le deuxième ligne lyonnais Mickaël Guillard, le demi d’ouverture Mathieu Jalibert, et l’ailier prodige Louis Bielle-Biarrey dont l’essai a brisé l’élan irlandais :
« Le deuxième ligne lyonnais Mickaël Guillard a été exceptionnel, tout comme Mathieu Jalibert et l’ailier prodige Louis Bielle-Biarrey. Son essai inaugural a immédiatement brisé l’élan initial des Irlandais. »
**L’éclosion de nouveaux talents sous l’ère Galthié**
O’Gara admire la politique du sélectionneur Fabien Galthié, qui, tout en reposant sur des cadres solides tels que Gaël Fickou ou Damian Penaud, cherche à insuffler du sang neuf. Il évoque l’émergence de joueurs comme le Palois Théo Attissogbe :
« Galthié est à la recherche de nouveaux joueurs pour dynamiser et rendre le processus de sélection encore plus intéressant. Au niveau des ailiers, par exemple, en particulier à droite. Si la finale de la Coupe du monde avait lieu demain, Damien Penaud serait toujours titulaire. Tout comme Gaël Fickou au centre, d’ailleurs. C’est peut-être parce qu’il a joué tellement de matchs et qu’il peut sembler discret qu’il donne l’impression d’être sous-estimé. Ce n’est pas le cas. »
À propos de Théo Attissogbe, il se montre très enthousiaste :
« L’ailier de Pau a eu sa chance, et même si la pression s’est surtout exercée sur le côté droit irlandais, c’est un très bon joueur, doué dans les airs, très rapide et sûr de lui. »
**Une première ligne jugée « vulnérable »**
Le seul bémol dans son analyse concerne la mêlée fermée et la première ligne française, secteur où la France reste encore en retrait par rapport aux meilleures nations. Pour lui, les piliers actuels représentent un point faible majeur :
« La première ligne française pose problème. Jean-Baptiste Gros et Dorian Aldegheri ont été titularisés et Régis Montagne a eu un impact sur le côté droit. C’est le point faible de Galthié, aggravé bien sûr par la longévité d’Uini Atonio et sa perte soudaine. Au très haut niveau international, c’est actuellement une différence déterminante entre l’Afrique du Sud et la France. Ce n’est pas le talonneur, ce sont les piliers qui sont vulnérables. Et il y a une ironie évidente dans le fait que l’un des meilleurs piliers, un des plus polyvalents aussi, en Top 14 soit Joel Merkler, qui représente l’Espagne. »
**Le regard tourné vers le « climax » final**
Malgré ses critiques, Ronan O’Gara attend avec impatience la suite du Tournoi, en particulier le choc final face à l’Angleterre. Il prévoit une montée en puissance des Anglais, qui promet un affrontement spectaculaire au Stade de France :
« L’Angleterre a le vent en poupe depuis novembre et dispose de la profondeur et des options nécessaires pour tracer sa route vers 2027. […] Le dernier match en nocturne entre la France et l’Angleterre s’annonce comme un véritable climax. »







