La démonstration de force du XV de France face à l’Irlande (36-14) ne doit pas faire oublier une séquence de jeu qui a suscité de nombreuses interrogations.
À la 50e minute, alors que les Bleus menaient confortablement 29 à 0, Fabien Galthié a opéré un changement radical : il a remplacé l’intégralité de son pack d’avants, faisant notamment rentrer Kalvin Gourgues. Ce choix audacieux a coïncidé avec le seul véritable passage à vide des Français lors de la rencontre.
Si certains observateurs estiment que ce renouvellement prématuré a brisé la dynamique d’une équipe dominante, un expert du championnat de France, cité par le journal L’Équipe, a exprimé son incompréhension face à la sortie de joueurs encore très performants. « La première ligne, je comprends, mais la deuxième ligne (Ollivon-Guillard) tenait encore la baraque. Après, c’était peut-être prévu », confie-t-il.
Cette hypothèse est confirmée par le deuxième ligne Mickaël Guillard, qui révéle que sa sortie avait été planifiée avant même le coup d’envoi.
Interrogé sur le possible effet de rupture de rythme provoqué par ces six remplacements simultanés, Fabien Galthié adopte une lecture différente : « Peut-être. J’ai en tête des possessions au niveau des cinquante mètres que nous avons perdues beaucoup plus facilement qu’en début de match. »
La stratégie du sélectionneur repose sur une rotation programmée, souvent qualifiée de gestion par « finisseurs ». Si cette méthode avait fait ses preuves par le passé, elle avait déjà montré ses limites face à l’intensité sud-africaine en novembre dernier. Jeudi soir, le 0-14 encaissé entre la 58e et la 62e minute illustre la fragilité de l’équilibre d’une équipe internationale.
Malgré ce « temps faible », les remplaçants ont su stabiliser la situation. Fabien Galthié a d’ailleurs salué la capacité de réaction de son groupe, validant ainsi le succès en fin de match : « Cette équipe a su reprendre la main. »
Le débat demeure : faut-il s’en tenir à un plan rigide ou s’adapter aux circonstances du match ? Si certains cadres semblaient disposer d’« un peu de réserve », la dépense énergétique énorme en début de rencontre justifiait le recours à du sang neuf. Plusieurs joueurs apparaissaient très fatigués au retour des vestiaires.
Le défi pour le staff sera désormais d’éviter que ces changements massifs ne créent des brèches exploitées par l’adversaire.
Le prochain test, au Pays de Galles, sera décisif pour cette doctrine. Fabien Galthié restera-t-il fidèle à ses « grands principes de coaching » ou fera-t-il preuve de plus de flexibilité si le score reste serré ? La réponse est attendue le 15 février au Principality Stadium.







