Avec seulement 340 points encaissés en seize journées, le Montpellier Hérault Rugby s’impose comme la meilleure défense du Top 14. Ce succès incontestable porte l’empreinte d’un homme : Geoffrey Doumayrou. Ancien centre international, il est devenu depuis un an et demi le cerveau de ce secteur défensif clé.
**Une liberté totale accordée par Joan Caudullo**
Clé de cette réussite, la confiance absolue de Joan Caudullo, le manager de l’équipe, qui a laissé à Doumayrou carte blanche pour imposer ses méthodes parfois exigeantes.
L’ancien joueur explique dans Midi Olympique que cette autonomie fut la condition sine qua non de son engagement dans le projet :
« Je sais que je suis parfois un peu dur : j’ai ma vision des choses, je sais comment je veux faire et comment je veux y arriver. Joan m’a laissé faire comme je voulais et c’est aussi pour cette raison que j’ai accepté le défi. Cela aurait pu ne pas marcher aussi rapidement mais on a eu de la chance que cela prenne assez vite. »
**La défense comme « guerre stratégique »**
Pour changer l’état d’esprit de ses joueurs, Doumayrou a dû leur vendre une philosophie nouvelle : faire de la défense la première source d’attaque. Il décrit son approche comme un combat intellectuel et physique constant face à l’adversaire :
« J’ai toujours aimé la défense en tant que guerre stratégique avec l’attaque […] Aujourd’hui, j’ai le sentiment que l’équipe aime défendre, à récupérer des ballons. »
Son objectif est limpide : chaque plaquage doit devenir une occasion de régale offensive pour Montpellier :
« Je leur ai vendu que notre défense devait nourrir notre attaque, qu’elle devait nous offrir des ballons de contre, qu’on se régale à exploiter. »
**L’inspiration sud-africaine : l’agressivité au cœur du système**
Geoffrey Doumayrou puise une grande part de son inspiration dans le modèle des doubles champions du monde en titre, les Springboks. Il admire particulièrement la capacité de l’Afrique du Sud à étouffer ses adversaires grâce à une montée défensive ultra-agressive :
« J’adore ce que fait l’Afrique du Sud : ils ferment tout sur les quatre ou cinq premiers joueurs et montent avec une intensité folle. »
Cependant, le technicien nuance :
« On ne peut pas faire exactement la même chose mais on peut s’en inspirer, et l’aménager : entraîner les joueurs à identifier les bons moments pour fermer et discuter avec eux sur les raisons qui les ont poussé à agir. »
**Une exigence de tous les instants**
Malgré ce statut de meilleure défense de France, « Doum » reste un perfectionniste exigeant. Il déplore certains relâchements qui ont coûté des points précieux cette saison :
« On est peut-être la meilleure défense mais notre manque de constance nous prive d’une ou deux victoires. On doit faire mieux. »
Montpellier, porté par cette rigueur défensive orchestrée par Doumayrou, espère bien continuer à faire de sa défense une arme redoutable dans la course au titre.






