L’ancien demi de mêlée et consultant pour L’Équipe, Jean-Baptiste Elissalde, s’est livré sur la stratégie audacieuse de Fabien Galthié d’aligner cinq troisièmes lignes face à l’Irlande, jeudi soir au Stade de France.
Pour le sélectionneur tricolore, ce choix reflète « une réponse moderne aux exigences du rugby international de haut niveau ». Une analyse que partage Elissalde, qui souligne l’efficacité de cette formule dès les premières minutes du match.
« On a vu que cette stratégie a fonctionné dès la première action. Ollivon arrive au soutien de Louis Bielle-Biarrey. Idem sur son essai. Dans le jeu, ça donne un abattage de courses, de déplacements et de replacements qui n’est pas négligeable, il n’y a jamais trop de ruptures. Ça multiplie également le nombre de rucks. C’est plein de petits trucs qui font que tout va bien dans le jeu tricolore », explique-t-il, mettant en avant le dynamisme et la densité apportés par les avants.
Toutefois, le débat sur la nécessité d’aligner des profils très lourds, à l’image d’Emmanuel Meafou, fait surface. Elissalde émet des réserves quant à leur capacité à suivre le rythme intense du début de match, notamment en défense et lors des déplacements.
« Quoique, Mickaël Guillard, il envoie. De plus, au niveau international, sur les mêlées, les arbitres préfèrent que ça aille vite, elle n’est presque pas arbitrée et les ballons portés, on en fait quelques-uns. Alors faut-il absolument un Emmanuel Meafou ? Ça pose question. Le staff semble vouloir s’en servir en fin de match car il a du mal à suivre l’intensité des déplacements en début de match. On l’a vu à son entrée en jeu face aux Irlandais, il a été le plus en difficulté sur le replacement défensif », détaille l’ancien Toulousain.
Interrogé sur l’avenir de cette hiérarchie dans le XV de France, Elissalde estime que cette composition à cinq troisièmes lignes semble adaptée face à la plupart des nations. Il pointe toutefois les dilemmes à venir pour Fabien Galthié, notamment avec le retour des cadres expérimentés.
« Qu’est-ce qu’on fait d’Ollivon ? Il dégage quelque chose et, de par son expérience (32 ans, 49 sélections), dispose d’un poids important au sein du groupe. Sauf que François Cros et Jegou réalisent un nombre incalculable de tâches invisibles… », conclut-il, soulignant les choix difficiles qui attendent le sélectionneur.







