Le trois-quarts centre international français, Pierre-Louis Barassi, a fait son retour sur les terrains après plus de deux mois d’absence. Victime d’une commotion cérébrale lors du match du XV de France contre les Fidji, le 15 novembre dernier, le Toulousain n’avait plus joué depuis. Ce choc violent à la tête l’a forcé à prendre du recul avec le rugby pour préserver sa santé.
Ce n’est finalement que le 31 janvier, lors de la victoire du Stade Toulousain face à Bayonne, que Barassi a pu retrouver la compétition. Dans un entretien accordé à **La Dépêche**, le joueur de 27 ans est revenu sur cette longue période d’inactivité.
« Ça a duré parce que j’avais des symptômes dus à la commotion qui ne disparaissaient pas. C’est la première fois que cela dure aussi longtemps. Aussi, avec le staff et l’encadrement médical, on a préféré prendre le moins de risques possibles parce que ce sont des blessures sur lesquelles on a peu de recul. Et surtout, ce sont des blessures… (il coupe). C’est une partie du corps qui est très importante pour une carrière, mais aussi pour une vie entière. Donc, parfois, il faut savoir un peu prendre son mal en patience pour justement ne pas prendre de risque pour sa vie. »
Les symptômes l’ont particulièrement affecté : « J’avais des migraines, j’avais des difficultés à… regarder, à me concentrer avec la luminosité. La luminosité me faisait mal. J’avais du mal dès que je réfléchissais. Par exemple, dès que je reprenais un peu mes cours j’avais mal à la tête. Donc, j’ai pris les précautions nécessaires. Et le retour sur le terrain, il n’a pas été concluant non plus lors des premières semaines. Donc voilà, j’ai pris le temps. »
Face à la gravité de la situation, le staff médical a été formel. « Et de toute façon, le neurochirurgien et l’encadrement médical, ils sont clairs avec ce genre de blessure. Tant qu’il y a des symptômes, c’est zéro contact parce que c’est là où ça peut devenir dangereux. »
Pour faire face à cette période difficile, Barassi a adopté une routine mêlant efforts physiques et travail cognitif : « J’ai essayé de mettre un peu de légèreté et de faire, on va dire, ce que j’avais à faire au niveau physique et musculaire au niveau prépa, au niveau prépa physique. Après, le reste de mes journées, je prenais du temps… pour moi, j’ai testé aussi des nouvelles choses. J’ai notamment fait du travail neurocognitif, tout ce genre de choses. Ce sont des entraînements pour retrouver sa cognition, pour retrouver ses réflexes, etc. C’est un travail invisible. »
Malgré ces mois d’attente, Barassi n’a jamais douté de sa capacité à revenir. « Non, je n’étais pas trop inquiet parce que je savais que ça allait revenir. Et après honnêtement ça fait partie du jeu. Dans notre sport on a beaucoup de blessures on a beaucoup de pépins donc on sait gérer. Plus on grandit, plus on vieillit, plus on sait gérer ce genre de moments. J’ai pris mon mal en patience et j’ai fait en sorte d’arriver le plus prêt possible pour ma reprise et voilà je n’avais que ça à faire. Et puis en sachant que les séquelles pour ce genre de pépins peuvent me suivre toute ma vie, ça aide à relativiser. »
Un retour attendu qui souligne la prudence nécessaire face aux blessures cérébrales, un enjeu majeur dans le rugby moderne.







