À 32 ans, Teddy Thomas entend briller avec le Stade Toulousain, club qu’il a rejoint l’été dernier en provenance du Stade Rochelais.
Dans une interview accordée à *Midi Olympique*, l’ailier ne minimise pas son âge, tout en tenant à relativiser : « Tout à l’heure, je disais que ce n’étaient que des chiffres sur le classement. C’est pareil : dans un monde de data, je suis vieux maintenant (rire). Donc oui, ça tire un peu plus pour moi, et la semaine de break m’a fait du bien. Je mets peut-être un peu plus de temps que d’autres pour m’y remettre ! Mais non, franchement, ça me replonge au contraire dans ma jeunesse. »
Teddy Thomas savoure particulièrement sa collaboration avec les jeunes talents du club : « Sincèrement, je me régale aux côtés des jeunes. Ils ne me montrent pas trop que je suis vieux, donc ça va. Je prends beaucoup de plaisir à évoluer et à apprendre aussi avec eux. Ce ne sont que de bons moments pour l’instant. »
Pour autant, il refuse de jouer le rôle de grand frère dans l’équipe, préférant une posture plus humble : « J’ai un peu de mal à me positionner comme ça. Certes, au vu de ma carrière, de mon âge, de ce que j’ai vécu, je connais des situations que j’ai pu affronter et j’ai appris de ça. Mais je reste à ma place. Si quelqu’un a des questions à me poser, je répondrai volontiers et j’aiderai avec grand plaisir. Mais je ne suis pas du genre à me mettre en avant et à dire : “Écoutez, les gars, je sais ce que c’est et comment il faut faire.” »
Il explique ce choix par son approche naturelle et détendue : « Je n’ai pas la science infuse. Mon passé, c’est mon passé. Disons que les conseils, ça se fait naturellement. Il ne faut pas forcer la chose. Moi, je suis quelqu’un de cool, malgré mon âge et ma carrière. Et, honnêtement, je reste aussi un enfant dans ma tête (rires). J’aide les jeunes indirectement, je pense, au vu de ce que je fais, du travail que je produis à l’entraînement, de mes préparations de match, etc. Mais je ne suis pas trop donneur de leçons. Je le fais sans pression. Je préfère les actions aux paroles. »
Son ambition reste de marquer son passage à Toulouse : « Tous les joueurs qui sont passés ici ont laissé une empreinte assez indélébile. C’est ce que je cherchais en venant ici. Mais il n’y a que le terrain qui dicte les choses. Il n’y a que tes performances qui peuvent te permettre de laisser cette empreinte et un petit héritage. Mon passage à Toulouse, par rapport à mon âge, ne va pas être super long. Mais si je peux apporter 1, 2 ou 3 % de performance à certains mecs, ce sera une fierté. »
Ce transfert, longtemps évoqué, a finalement pu se concrétiser : « On a été très souvent en contact pendant ma carrière. En faisant certains choix, j’ai réalisé des paris osés. Mais en me disant : “Je sais que j’arriverai à venir au Stade toulousain au bout d’un moment.” Ce pari a été remporté de mon côté, j’en suis content. J’ai toujours eu de très bonnes relations avec l’encadrement du club. Ce sont des personnes que j’affectionne. Et je crois qu’elles ont aussi de l’affection pour moi. C’est pourquoi elles ont accepté de me faire signer malgré mon âge. »
Le Stade Toulousain correspond parfaitement à son style de jeu et à ses ambitions : « Depuis tout petit, le jeu qui me correspondait le plus, c’était évidemment celui le Stade toulousain. Malheureusement, une carrière de sportif de haut niveau n’est pas dictée que par tes rêves et tes envies. Il y a d’autres paramètres qui entrent en compte. Comme je l’ai dit, j’ai fait un pari fou, avec un peu d’audace, mais je savais que j’allais venir ici. Maintenant, j’y suis. Et je pense que je vais vivre les meilleures années de ma carrière rugbystique. Que ce soit sur le terrain ou en dehors. Toutes les conditions sont réunies pour que je sois bien. »
Selon lui, il n’était pas prêt mentalement à rejoindre Toulouse plus tôt dans sa carrière : « Ugo Mola me dit souvent : “Franchement, mais qu’est-ce que tu as été con de ne pas venir avant !” Mais je ne sais pas si, mentalement, je n’étais prêt à signer ici plus tôt. Parce qu’il faut aussi s’infliger une certaine rigueur pour venir ici. Je ne suis pas sûr, quand j’étais plus jeune, que j’aurais pu m’imposer cette rigueur. Elle est quand même très très haute au Stade toulousain. Maintenant, je sais que je suis prêt. Tout est posé dans ma tête, dans ma vie, pour être le mieux possible. »







