Le départ en pleine saison de Stephan Du Toit, responsable de la préparation physique du Stade Rochelais, relance le débat sur la gestion athlétique des joueurs maritimes. Pour Ronan O’Gara, pointer un seul responsable est une erreur de jugement.
Dans une interview accordée à Sud-Ouest, le technicien défend son préparateur physique : « J’ai l’impression qu’on l’utilise comme la victime de toutes les blessures mais je vous promets que ce n’est pas le cas de ma part. »
Éric Bédouet, ancien préparateur physique des Girondins de Bordeaux et de l’équipe de France de football, partage également son éclairage dans les colonnes de Sud-Ouest. Selon lui, le préparateur physique est souvent le bouc émissaire, même lorsque des facteurs invisibles interviennent.
Il se souvient notamment d’une série de blessures aux mollets lors d’un stage bordelais finalement causée par un virus : « Tout le monde panique et c’est le préparateur physique qui morfle. J’étais en ligne de mire. Mais des préparations comme ça, j’en avais fait une vingtaine. J’ai appris trois semaines après qu’il y avait eu un problème à la thalasso où l’on faisait des soins : les gens étaient malades, avaient des gastros. Chez nous, cela s’était manifesté par des problèmes musculaires. »
Au-delà des aléas médicaux, Bédouet met en garde contre des erreurs structurelles, notamment l’alternance fréquente entre terrains synthétiques et gazonnés, un facteur très lourd de conséquences : « Quand on a des répétitions de blessures, il y a toujours une explication, un travail qui n’est pas adapté. Là, ça peut péter à tout moment, c’est la pire des choses. L’alternance des synthétiques et des gazonnés, c’est épouvantable, les appuis ne sont pas les mêmes. »
La fatigue physique, due à l’enchaînement des matchs et aux longs déplacements, joue aussi un rôle crucial. « Fatigue du muscle, qui est intelligent et se demande ce qui se passe », résume l’expert, soulignant que les ischios et mollets sont les premiers à souffrir d’une charge mal ajustée ou d’une récupération insuffisante.
Enfin, interpellé sur le choix du Stade Rochelais d’avoir réalisé trois semaines de préparation initiale sans ballon, Bédouet émet une réserve : « C’est beaucoup, je trouve. Après, il faut voir ce qui se passe au niveau musculaire, revoir le travail. »
Cette analyse nuancée rappelle que la gestion physique des joueurs relève d’un équilibre complexe, loin d’une simple posture de coupable désigné.







