Le Stade Toulousain perdra environ un million d’euros de crédits liés aux internationaux d’ici 2030, en raison d’une nouvelle règle du salary cap dans le Top 14.
La Ligue Nationale de Rugby (LNR) a décidé de plafonner le crédit accordé aux clubs en fonction du nombre de joueurs internationaux qu’ils comptent dans leur effectif. Cette réforme vise à réduire les écarts financiers entre les clubs riches en internationaux et ceux qui en ont peu ou pas du tout, afin de garantir plus d’équité et de compétitivité dans le championnat français.
Concrètement, le crédit pour un joueur international baissera de façon dégressive : 210 000 euros pour le premier international, 195 000 euros pour le deuxième, et ainsi de suite jusqu’au quatorzième. Ce mécanisme empêchera qu’un club bénéficie d’un avantage disproportionné sur sa masse salariale grâce à un effectif international très fourni.
Si le Stade Toulousain, qui aligne actuellement quatorze joueurs internationaux, sera le plus impacté, cette diminution sera progressive, limitée à 300 000 euros par saison, laissant ainsi au club le temps de s’adapter. Par ailleurs, le salary cap global augmentera lui aussi de 300 000 euros dès la saison prochaine.
Yann Roubert, président de la LNR, explique dans Midi Olympique : « On a voté cette dégressivité des crédits internationaux […] L’idée, c’était de réduire les écarts entre un club qui n’a pas d’internationaux et un autre qui pourrait en avoir beaucoup plus, et de ne pas créer de rampe de situation pour ceux qui auraient la chance d’en avoir de plus en plus, donc de pouvoir gonfler leur masse salariale. À l’heure actuelle, on pourrait dépasser les trois millions de différence de budget de masse salariale, ce qui nuit évidemment à l’équilibre. »
Il précise aussi : « Personne ne niera que dans les faits […] le club qui aura le plus d’efforts à fournir sera le Stade toulousain, qui compte à l’heure actuelle quatorze joueurs sur la liste premium. Mais l’idée, encore une fois, c’est d’avoir une équité et un championnat compétitif. Parce que cette compétitivité est évidemment un facteur d’attractivité pour notre championnat, pour nos supporters, nos téléspectateurs, nos partenaires, notre diffuseur. L’idée d’avoir un championnat compétitif est absolument essentielle pour son attractivité. »
Malgré tout, le président de la LNR reconnaît que Toulouse est légitimement opposé à cette réforme : « Toulouse est une formidable locomotive pour le rugby français. C’est un symbole de ce que notre système valorise : une formation d’excellence, une performance durable, un modèle économique qui est structuré… C’est évidemment une référence, et c’est pourquoi je ne fais pas de soucis pour eux, quant au fait qu’ils sauront encore une fois s’adapter et continuer à performer. Il est important de dire aussi que si je comprends que Didier Lacroix et le Stade Toulousain étaient contre cette dégressivité des crédits internationaux, on a aussi mis en place un mécanisme amortisseur puisqu’on ne pourra pas perdre plus de 300 000 € par an de crédit d’internationaux. »
Yann Roubert insiste sur le fait que ce dispositif ne cible pas spécifiquement le club de la Ville Rose : « Je comprends le point de vue de Didier Lacroix, avec qui on est toujours amis en dépit de cette différence d’appréciation qu’il a avec la majorité des clubs. Il ne faut surtout pas voir dans la dégressivité des crédits internationaux un dispositif contre le Stade toulousain, mais un dispositif pro compétitivité. L’idée, c’est vraiment de ne pas payer de rentes de situation avec un club dominant qui ne pourraient pas être rattrapé par les autres. Encore une fois, on verra dans trois, quatre ou cinq ans si c’est toujours le Stade Toulousain ou un autre club qui recense le plus d’internationaux. »
Plusieurs autres clubs, comme Bordeaux, Pau ou La Rochelle, disposent eux aussi d’un nombre important de joueurs internationaux et ont voté en faveur de cette réforme sans certitude de leur avenir à ce sujet.
Enfin, Yann Roubert évoque des tensions récentes au sein du comité directeur entre Didier Lacroix (Stade Toulousain) et Laurent Marti (Bordeaux-Bègles), défenseur acharné du dispositif : « On ne va pas cacher que le Stade toulousain a voté contre ce dispositif de dégressivité, là où – si je ne dis pas de bêtises – la très grande majorité des clubs était pour. Laurent a insisté sur le fait que ce dispositif donnera ses pleins effets en 2029-2030 et que d’ici là, personne ne sait quel club comptera le plus d’internationaux, ni qui sera le sélectionneur d’ici là. Laurent était complètement pour, Didier complètement contre… C’est normal que les échanges soient nourris au sein d’un comité directeur, c’est à ça que servent une Ligue et les règles démocratiques, précisément pour que chacun puisse s’exprimer. Ensuite, on tranche une décision à la majorité pour pouvoir avancer dans le sens qu’a choisi cette majorité. C’est l’objet des votes. »







