Le Stade Toulousain de nouveau secoué par une affaire judiciaire majeure
Le Stade Toulousain, club phare du rugby français, est au centre d’une nouvelle tempête médiatique et judiciaire. Selon une enquête publiée par « L’Équipe », le club est suspecté d’avoir rémunéré ses stars Antoine Dupont et Anthony Jelonch via des contrats d’image et de conseil, en contournant le cadre réglementaire.
Déjà qualifié de « multirécidiviste », le club toulousain fait face à des menaces sérieuses qui pourraient compromettre ses finances et son avenir sportif. Sous la direction du président Didier Lacroix, Toulouse avait déjà été sanctionné à plusieurs reprises : fin 2023, il avait écopé d’une amende de 50 000 € avec sursis pour manque de transparence lors du transfert de Cheslin Kolbe. Plus grave, en janvier 2025, l’affaire Melvyn Jaminet mettait au jour un montage financier complexe impliquant une société tahitienne, Pacific Heart. Toulouse avait alors payé 1,3 million d’euros d’amende en médiation, assortie d’un retrait de deux points au classement du Top 14.
Cette fois, les soupçons portent sur des contrats d’ambassadeurs liant Dupont et Jelonch à des partenaires comme 3S-Alyzia et Fiducial. Les enquêteurs ont relevé « aucune contrepartie visible » pour les sommes versées : 1,5 million d’euros pour Dupont et 170 000 euros pour Jelonch. Si ces contrats de conseil ou d’image sont fictifs, ils risquent d’être requalifiés en salaires par l’Urssaf, ce qui entraînerait un redressement financier lourd, le club n’ayant pas payé les charges patronales.
Au-delà des sanctions financières, le volet judiciaire s’épaissit. Une enquête préliminaire pour abus de confiance a été ouverte dans l’affaire Jaminet par le procureur de Toulouse, et les nouveaux éléments pourraient désormais entraîner des investigations pour « travail dissimulé ». Sportivement, le club semble pour l’instant à l’abri d’un retrait de points grâce au règlement actuel, mais s’expose à une amende record pouvant atteindre 2 millions d’euros pour rétention de documents, comme le rapporte « L’Équipe ».
Le caractère répétitif de ces manquements est un « facteur aggravant » aux yeux des autorités. Toulouse aurait notamment omis de transmettre plusieurs contrats et actes privés au salary-cap manager, le gendarme financier du rugby. Fort heureusement pour le club, les règles très sévères, incluant des retraits de points et l’interdiction de négocier des amendes à l’amiable, ne s’appliqueront qu’à partir de la saison 2026-2027. Pour l’instant, l’affaire Dupont et Jelonch ne devrait donc pas entraîner de sanctions sportives directes, même si l’Autorité de régulation du rugby pourrait se saisir du dossier.
Le pronostic des sanctions reste délicat : il faudra déterminer précisément ce qui a été déclaré, tout en respectant le délai de prescription de cinq ans. Outre les amendes financières, un autre risque plane, plus théorique : les sanctions personnelles contre les dirigeants et joueurs dissimulant des documents. Pour l’heure, cette mesure reste une simple menace, aucun individu n’ayant encore été convoqué pour répondre de telles accusations.
Dans ce contexte de forte tension, l’image du Stade Toulousain est fortement entachée. La perspective de sanctions personnelles contre dirigeants et joueurs, bien que rarement appliquée, demeure une épée de Damoclès inscrite dans les textes officiels pour dissuader toute opération frauduleuse.







