Le Stade Toulousain secoué par une enquête sur des montages financiers suspectés
Le prestigieux club de rugby français, le Stade Toulousain, est au cœur d’une tempête médiatique après la révélation d’un dossier explosif par le journal L’Équipe. Une enquête approfondie met en lumière des irrégularités financières impliquant les deux grandes stars du club, Antoine Dupont et Anthony Jelonch.
Déjà qualifié de « multirécidiviste » par certains experts, le club fait face à des soupçons sérieux de contournement du plafond salarial, ce qui menace de fragiliser son hégémonie historique.
Au centre de cette polémique, figurent des contrats de parrainage et de conseil signés avec la société 3S-Alyzia, partenaire officiel du club. Les montants versés, colossaux, s’élèvent à plus de 1,5 million d’euros pour Antoine Dupont via sa structure AD 9 Conseils, et à 170 000 euros pour Anthony Jelonch. Toutefois, ces versements posent question : les enquêteurs n’ont trouvé « aucune contrepartie visible » – telles que campagnes publicitaires, affichages ou contenus digitaux – justifiant ces paiements.
Le cas d’Anthony Jelonch est d’autant plus préoccupant qu’un versement rétroactif de 20 000 euros aurait été effectué avant la signature officielle de son contrat. Pour Antoine Dupont, l’enquête dévoile un engagement de dix ans assorti d’une redevance annuelle de 200 000 euros, somme qui devrait, selon les spécialistes, être prise en compte dans le calcul du salary-cap.
Ces révélations interviennent alors que le président Didier Lacroix doit déjà gérer plusieurs dossiers sensibles, notamment l’affaire Melvyn Jaminet et le transfert controversé de Cheslin Kolbe. La réputation du club souffre désormais d’un « caractère récidiviste », un facteur aggravant aux yeux des régulateurs.
Les risques encourus par le Stade Toulousain sont majeurs et variés :
– sanctions sportives et financières : malgré l’entrée en vigueur du nouveau règlement (prévoyant un retrait de 1 à 10 points) en 2026-2027, le club peut déjà faire face à une amende record pouvant atteindre 2 millions d’euros pour rétention de documents.
– redressement Urssaf : si les paiements sont requalifiés en salaires déguisés, des charges patronales non versées devront être régularisées, alourdissant la facture.
– volet judiciaire : la justice pourrait enquêter pour « travail dissimulé » ou « abus de confiance », un dossier déjà examiné dans le cadre d’une enquête préliminaire sur la gestion du club.
Face à ces accusations, le Stade Toulousain fait preuve d’un mutisme notable. Pour les joueurs, le risque n’est pas que sportif mais aussi fiscal, puisque ces revenus pourraient être requalifiés par l’administration fiscale. Cette affaire ternit l’image du capitaine du XV de France, Antoine Dupont, dont les récentes critiques sur la « chasse aux sorcières » autour du contrôle des revenus des joueurs prennent une résonance particulière.
Alors que l’Autorité de régulation du rugby (A2R) pourrait rouvrir l’examen de la sincérité des comptes du club, le Stade Toulousain se retrouve engagé dans une bataille cruciale pour sa crédibilité et son avenir au sommet du Top 14.
Interrogé jeudi en conférence de presse, le sélectionneur national Fabien Galthié a confirmé que cette affaire bouscule les esprits en interne. Il a précisé :
« Disons que depuis que je suis à la tête de l’équipe de France, il y a toujours une actualité extra-sportive. En interne, le sujet existe donc. On en a parlé. Les joueurs en parlent entre eux. On en a parlé entre nous. Mais c’est extra-sportif. Nous, on se concentre sur la performance de l’équipe de France. Et uniquement sur le sportif. »







