Depuis plusieurs années, Thomas Ramos s’est imposé comme une pièce maîtresse du XV de France. Interrogé par Midi Olympique, l’ancien sélectionneur des Bleus, Jacques Brunel, a livré un portrait sincère et nuancé de l’arrière du Stade Toulousain.
Leur relation n’a pourtant pas toujours été au beau fixe. « Je l’ai vraiment connu quand j’étais en équipe de France. D’ailleurs, avec lui, on a eu un différend à l’époque : le corps médical l’avait déclaré blessé quand on était au Japon, juste avant le quart de finale. Comme les délais de guérison devaient durer environ deux semaines, je n’avais pas pris le risque de le garder blessé. J’ai préféré avoir une ressource supplémentaire opérationnelle. Notre histoire a commencé sur un malentendu et une déception pour lui, certainement. »
Malgré cet épisode douloureux, Jacques Brunel reconnaît la progression constante du joueur, soulignant son évolution en tant qu’arrière, buteur et leader. « C’est un garçon en perpétuelle progression… Il n’a pas eu peur de partir à Colomiers pour jouer et progresser. Il n’a pas eu peur d’être en concurrence avec Melvyn Jaminet. Il s’est forgé un caractère tout au long de son parcours. Aujourd’hui, c’est vrai, c’est devenu un élément essentiel. »
Brunel comprend la frustration de Ramos lors de son éviction au Japon, mais souligne aussi ses qualités humaines et sportives. « C’était un jeune joueur, il y avait Maxime Médard devant lui. Mais oui, on sentait déjà qu’il avait les qualités pour s’imposer sur la scène internationale parce qu’il avait du caractère… Il y a le rôle du poste, mais il y a aussi le tempérament du garçon, sa capacité à se remettre en question en permanence. C’est un râleur, mais dans le bon sens du terme. Il râle parce qu’il veut que tout soit parfait, parce qu’il déteste perdre. »
Pour Jacques Brunel, Thomas Ramos est autant un capitaine que son coéquipier Antoine Dupont, mais il exerce son leadership autrement : « Antoine Dupont est plus un leader par sa présence, par son jeu, par son engagement, par sa stature. Thomas Ramos, c’est peut-être encore plus par la voix. C’est un compétiteur, un râleur, un mec qui veut gagner tout le temps, qui harcèle ses partenaires et les pousse toujours à aller plus loin. »
L’ancien sélectionneur insiste également sur la polyvalence de Ramos, notamment sa capacité à évoluer à l’ouverture, un atout précieux pour les Bleus. « On l’a encore vu face à l’Irlande. Il peut prendre le poste de numéro 10 si jamais l’ouvreur est occupé à d’autres tâches. Il peut également, notamment quand on est en milieu de terrain, créer de l’incertitude avec un ouvreur de chaque côté. Tout cela est bénéfique, et on voit qu’il en a envie : il aime diriger le jeu. C’est un joueur sûr de lui, qui n’a pas peur de prendre certains risques techniques et qui a une grande confiance en ses capacités. Son coup de pied pour l’essai de Bielle-Biarrey montre une grande maîtrise technique et un vrai sens du spectacle. Mais en général, sa valeur ajoutée, c’est la régularité, la précision et la propreté de son jeu. Il ne panique jamais, il garde la tête froide, même dans les moments les plus tendus. »
Ainsi, Thomas Ramos s’affirme comme un leader incontournable du rugby français, à la fois dans le jeu et dans le vestiaire.







