Le journal *L’Équipe* a récemment publié une enquête approfondie sur des contrats d’image et de conseil suspectés d’impliquer les internationaux français Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Cette investigation s’ajoute à d’autres dossiers déjà sensibles concernant le Stade Toulousain, notamment les affaires Jaminet et le transfert de Kolbe, et a rapidement déclenché une vive polémique, notamment en raison de la date choisie pour sa parution.
Renaud Bourel, journaliste au sein de la rédaction, est intervenu pour défendre la rigueur de son confrère Frédéric Bernès, auteur principal de l’enquête, et expliquer la démarche journalistique suivie.
### Un choix de date dicté par la vérification des faits
L’enquête était prête dès début janvier, mais sa publication a été repoussée à plusieurs reprises. Selon Renaud Bourel, ce délai s’explique d’abord par la volonté de respecter le contradictoire. Les journalistes ont accordé du temps aux parties concernées pour répondre aux relances avant de vérifier minutieusement les informations fournies et de revenir auprès de leurs interlocuteurs sur les points encore obscurs.
La rédaction a aussi décalé la sortie du reportage afin de « ne pas parasiter la préparation du match contre l’Irlande » lors de la première journée du Tournoi des Six Nations. Enfin, la décision de publier lundi dernier a été prise en constatant que d’autres médias commençaient eux aussi à avancer sur ce sujet.
Quant à la coïncidence avec l’anniversaire de Didier Lacroix, président du Stade Toulousain, Renaud Bourel assure qu’il s’agit d’un « hasard total ».
### Neutralité et professionnalisme face aux accusations de « cabale »
Face aux accusations d’acharnement ou de « chasse à l’homme », Renaud Bourel rappelle que le devoir d’informer conduit parfois à traiter des sujets « radioactifs ». Il rejette toute idée de jubilation à s’en prendre à des stars du rugby et affirme que *L’Équipe* reste un média neutre et impartial.
« Nous nous contentons de rapporter des faits qui parlent pour eux-mêmes », insiste-t-il, soulignant la nécessité de dissocier « l’exploit sportif de l’aspect citoyen et réglementaire ». Il rappelle également que des enquêtes similaires ont déjà visé d’importants acteurs du rugby français, comme le Racing 92 en 2016 ou Montpellier HR en 2020.
### Un soutien sans faille à Frédéric Bernès
Renaud Bourel dénonce vigoureusement les attaques ciblées dont son confrère Frédéric Bernès fait l’objet sur les réseaux sociaux et certains blogs. Il décrit un travail « désagréable et ingrat », mené parfois face à des interlocuteurs discourtois ou sous pression.
Il conclut en saluant le professionnalisme de Bernès : « Je connais sa rigueur, son professionnalisme, le doute qui l’accompagne à chaque pas de son enquête, la précision de sa méthode ».
Pour *L’Équipe*, cette enquête ne constitue pas une attaque contre un club, mais l’accomplissement d’un devoir d’information au service du public.







