Avec près d’une centaine de joueurs fidjiens évoluant dans les divisions professionnelles françaises, la filière fidjienne constitue une véritable colonne vertébrale du rugby hexagonal. Mais désormais, l’exil vers la France sera encadré par un contrôle strict des autorités fidjiennes.
La Fédération fidjienne (FRU) et l’Association des joueurs (FRPA) viennent d’instaurer un examen minutieux et obligatoire de chaque contrat avant tout départ à l’étranger.
### Lutter contre la précarité et les « contrats abusifs »
Face à une réalité inquiétante, les instances fidjiennes dénoncent les nombreux cas où les joueurs se retrouvent démunis, victimes de clauses piégeuses, notamment en cas de blessure. Koli Sewabu, directeur général de la FRU, tire la sonnette d’alarme.
Dans les propos relayés par *Midi Olympique*, il explique :
« Nous avons constaté des cas où des joueurs se blessent et où les clubs cessent de les payer parce qu’ils ne jouent pas. Trop de joueurs souffrent à l’étranger à cause de failles dans des contrats qui n’ont pas été correctement examinés avant la signature. »
Dorénavant, pour qu’un transfert soit validé, le contrat devra impérativement garantir des standards précis en matière de bien-être :
– Assurance maladie et couverture en cas de blessure.
– Conditions de logement et de transport.
– Salaires conformes aux normes de la concurrence.
### Un « formulaire de libération » sous conditions
Le processus devient formel et administratif : les joueurs devront soumettre leur offre deux à trois semaines avant leur départ. Ce n’est qu’après l’approbation du contrat par la FRU qu’un « formulaire de libération du joueur » sera délivré, un document indispensable pour obtenir le visa et finaliser le transfert.
Wame Lewaravu, directeur de la FRPA, insiste sur le rôle fondamental des familles :
« Nous encourageons vivement les joueurs et leurs parents à nous soumettre toutes les offres de joueurs étrangers pour examen. Il est primordial que tous les aspects liés au bien-être soient pris en compte avant la signature. »
### Halte aux agents improvisés
Par ailleurs, les autorités fidjiennes mettent en garde contre une autre pratique courante, celle des joueurs professionnels qui servent d’intermédiaires ou d’agents de manière informelle. Dorénavant, seuls les clubs agréés et les agents officiellement enregistrés seront autorisés à gérer les négociations.
Pour les clubs de Top 14 et de Pro D2, qui recrutent souvent de jeunes talents dans les académies fidjiennes, cette nouvelle réglementation pourrait rallonger les délais de signature. Mais elle garantit surtout une éthique renforcée pour ces jeunes joueurs, véritables artisans de la réussite de notre championnat.







