Ce dimanche après-midi, le XV de France affronte le Pays de Galles au Principality Stadium, fort de son statut d’immense favori face à une équipe galloise en pleine crise. Trois semaines après une démonstration face à l’Irlande, les Bleus semblent promis à une victoire facile face à un adversaire en plein marasme, huitième défaite consécutive à l’appui. Pourtant, Fabien Galthié reste prudent et refuse de sous-estimer ce « Poireau » blessé mais toujours dangereux.
**Le respect de l’adversaire, une règle d’or**
Malgré l’état actuel du rugby gallois, le sélectionneur national insiste sur la nécessité d’aborder ce match avec sérieux. Pour lui, la moindre négligence pourrait coûter cher face à une équipe « qui n’a plus rien à perdre » :
« Ce qu’on apprend toujours à ce jeu, c’est respecter l’adversaire. Respecter l’adversaire. Commencer par avoir toujours en tête que l’adversaire ne nous laissera pas d’opportunité si on lui laisse la place. Quoi qu’il arrive, à ce niveau-là, si on laisse la place, alors on sera en difficulté. »
Galthié anticipe un début de match sous haute tension, avec une intensité galloise maximale :
« Quelles que soient les performances passées de l’adversaire, le rugby est un sport de combat qui ensuite va impacter la performance. Il y aura, j’en suis sûr, une énorme intensité qui va être déversée par les Gallois dans ce début de match. Et si on laisse de la place, on sera en difficulté. »
**Un contexte émotionnel particulièrement exigeant**
Au-delà du combat sur le terrain, c’est l’environnement même du Principality Stadium qui préoccupe le staff français. Avec l’intégration des jeunes Brau-Boirie et Nene, la gestion de la pression et du climat généré par le fameux toit fermé s’annonce décisive.
Le sélectionneur se souvient de sa propre première expérience dans cette enceinte mythique :
« Si je me mets à leur place, quand j’ai découvert l’Arms Park de Cardiff, j’avais leur âge. C’est vrai qu’aujourd’hui, cela ne s’appelle plus l’Arms Park mais c’est toujours le même lieu au cœur de la ville de Cardiff, au cœur du pays gallois, au milieu des chœurs gallois puisque quand vous êtes au stade, vous êtes saisis par les chants gallois qui vont durer deux heures. »
Il met ainsi en garde contre l’impact émotionnel pouvant désorienter ses joueurs :
« Cela commence dans le couloir lorsque l’on descend du bus, jusque sur le terrain. Donc il y a quand même une dimension émotionnelle très, très forte à vivre et à traverser […] C’est quand même très, très particulier. Très, très particulier. Et ça, déjà, ça nivelle les valeurs. En tout cas, cela donne un supplément d’âme pour les joueurs gallois et ça peut surprendre les joueurs français. Ça peut les saisir donc il faut essayer d’anticiper ce moment-là avec nos joueurs. Car ensuite il faut jouer, et la transition n’est pas toujours facile. »
Après une démonstration éclatante contre l’Irlande, les Bleus ont une occasion en or de porter un coup décisif dans la quête du titre. À condition de ne pas se laisser submerger par la ferveur et les chants du Principality Stadium.







