À la veille du choc contre le Pays de Galles, ce dimanche à Cardiff (16h10), toutes les attentions se tournent vers Thomas Ramos. À 30 ans, l’arrière du Stade Toulousain n’est plus seulement le buteur recordman avec 500 points ; il est devenu le véritable stratège du XV de France, parfois même supérieur à Antoine Dupont dans la gestion du jeu.
Un perfectionniste impitoyable
Ceux qui l’entourent décrivent un joueur à l’exigence personnelle quasi obsessionnelle. Même après une action brillante, comme sa passe décisive à Louis Bielle-Biarrey contre l’Irlande, Ramos reste critique : « Un peu de chance. C’est un coup désespéré. Cela montre quand même qu’on a tenté des choses. » Sa quête de perfection passe par une analyse rigoureuse de chaque performance collective. Après la victoire contre l’Irlande (36-14), il soulignait sans détour : « C’est un bon début d’accord, mais on aurait pu mieux faire sur nos lancements, notamment nous les trois-quarts. »
Le vrai « patron » du vestiaire
Si Antoine Dupont porte le brassard, la voix de Ramos porte aujourd’hui plus loin, comme l’explique Laurent Labit, son ancien entraîneur chez les Bleus : « Bien sûr, Antoine Dupont est exceptionnel mais, pour moi, Thomas Ramos est le meilleur joueur au monde. Quand il remet la main sur le jeu, c’est lui qui reprend la barre du XV de France, qui distille toujours la bonne passe quand il faut, qui choisit le bon côté, le petit par-dessus, le truc au pied… C’est un génie. C’est le patron. » Son coach en club, Ugo Mola, va dans le même sens : « Thomas, c’est le coach du terrain. C’est un garçon brillant qui pourrait prendre ma place et je pense qu’il la prendra dans pas longtemps. »
Une revanche méritée
Le parcours de Ramos est une histoire de revanche personnelle. Longtemps mis à l’écart par Fabien Galthié, notamment à cause d’un imbroglio médical lors du Mondial 2019 et face à la forte concurrence (Bouthier, Dulin, Jaminet), il a su patienter et travailler dans l’ombre : « Je me suis tu quand il fallait me taire, j’ai fait le dos rond et j’ai travaillé de mon côté », confie-t-il. Désormais pilier incontournable du XV, il incarne aussi la poussée vers un rugby plus offensif sous le staff actuel.
Fabien Galthié tempère les éloges individuelles : « Quand on est en équipe de France, on est exposé aux louanges et aux critiques. Un jour ce sont les meilleurs joueurs du monde, un autre, les plus catastrophiques. Il n’y a pas de surhomme. Le groupe est plus fort que les individus. »
Toutefois, le poids de Ramos est indéniable. Selon un proche du XV de France, dans les colonnes du Parisien, « Il a pris le leadership. Antoine Dupont reste le capitaine et sa voix compte mais Thomas Ramos parle tout le temps et il est écouté par tous. Il analyse tout au point que le staff partage beaucoup avec lui avant et pendant les séances d’entraînement. Aujourd’hui, il a plus d’ascendant sur les autres que Dupont. » Le jeune ailier Théo Attissogbe confirme : « Il parle beaucoup et décide très bien sur le terrain, j’ai l’impression qu’il lit et qu’il voit le jeu avant les autres joueurs. Il nous met dans le confort. Après, il sait dire les choses. Il a un très fort caractère. »
Ce dimanche, sous le toit de Cardiff, ce sera bien le « surhomme » Thomas Ramos que les Gallois devront tenter de contenir.







