Ce dimanche après-midi, le match du XV de France sera diffusé pour la première fois sur TF1, marquant une grande première dans la couverture du Tournoi des Six Nations, traditionnellement retransmis par France Télévisions.
Aux commentaires, Stefan Etcheverry, 53 ans, prendra le micro. Dans une interview accordée au Parisien, il exprime sa fierté et son ambition :
« J’ai été évidemment très fier. On va dans cette aventure avec beaucoup d’humilité, à petit pas. Certes, on découvre ce marché du Tournoi, on a conscience d’être le nouvel entrant. Mais ça renforce notre envie de faire le mieux possible. On n’a absolument rien à envier à quiconque. On a un très beau dispositif, solide, très expert. »
TF1 a mis les moyens pour être à la hauteur de l’événement avec un dispositif ambitieux. « Le dispositif ? C’est digne du Tournoi des Six Nations, on s’est mis à hauteur de l’événement. On a beaucoup de temps d’antenne, ça va nous permettre de bien installer les enjeux, nos plateaux, nos journalistes et consultants, pour expliquer et décrypter. On aura tous les joueurs qui comptent après le match au micro d’Isabelle (Ithurburu), qui sera sur le terrain à Cardiff dimanche. Il va se passer des choses avant et après le match. Le grand public aura affaire à des gens sur TF1 qui s’y connaissent, pas des mecs parachutés. »
Sur sa manière de commenter, Etcheverry promet de rester fidèle à lui-même :
« L’idée, pour un commentateur, c’est de transmettre aussi ce qu’il est. Je veux continuer à suivre le cahier des charges fait avec la direction de la chaîne. Ça ne nous empêche pas, à partir de cette base, de travailler des choses plus techniques, sur l’arbitrage par exemple. On est sans cesse en phase d’amélioration. J’aime répéter qu’on est des artisans. »
Il souligne également la difficulté de toucher un public hétérogène :
« C’est un juste équilibre, un dosage à trouver entre, d’une part, expliquer des choses peut-être moins compréhensibles pour le plus grand nombre, et d’autre part donner aussi du contenu à des initiés. On veut montrer aux spécialistes qu’on s’y connaît aussi ! C’est tout un jeu très subtil entre ces deux types de population : ceux qui viennent comme ça, qui aiment le bruit du public, l’ambiance, les valeurs de rugby dont on leur parle et qui comprennent peut-être moins les règles. Et ceux qui s’y connaissent parfaitement et qui sont intransigeants. »
Face aux critiques qu’il a pu recevoir, le commentateur se montre philosophe :
« C’était écrit d’avance… Il faut les absorber. C’est comme sur un terrain : parfois quand il pleut, c’est difficile de remonter les ballons. Mais après vient l’éclaircie et on peut jouer à l’aile. La critique, ça ne fait pas forcément plaisir mais il faut savoir la vivre, et après, ça renforce. Là, on va pouvoir s’exprimer, c’est chouette, la réalité va prendre le dessus sur ces critiques. On préfère se projeter sur le match de ce week-end. »
Conscient que les amateurs étaient habitués à la voix de Matthieu Lartot sur France Télévisions, Etcheverry y voit une transition naturelle :
« Il n’y a absolument pas de problème par rapport à ça. La télévision, c’est aussi une affaire d’habitudes. On aime avoir ses repères. Quand on accompagne, pendant une vingtaine d’années, tous les téléspectateurs sur une même chaîne, toujours sur le même format, avec des longues après-midi de rugby, on peut comprendre que le changement puisse un peu déstabiliser au départ. Après, il y a eu un appel d’offres, et il y a une nouvelle donne aujourd’hui. On a pu récupérer neuf matchs cette année, c’est un immense privilège. C’est la preuve aussi que l’on n’est jamais propriétaire de rien. »
Enfin, il précise ne pas avoir échangé avec son prédécesseur avant le début du Tournoi, tout en privilégiant une approche respectueuse :
« On n’a pas échangé avant le début du Tournoi. Mais je ne m’engagerai jamais sur le terrain d’une éventuelle confrontation. Entre commentateurs, il n’y a peut-être pas la même manière de travailler, pas le même style. Mais, même si je ne connais pas bien Matthieu, je crois pouvoir dire qu’on est animé par la même envie de faire partager les exploits du rugby français. Ça, on ne peut pas nous l’enlever. C’est avec le cœur que ça se passe. »
Ce premier match du Tournoi des Six Nations sur TF1 sera donc l’occasion de découvrir une nouvelle voix pour suivre le XV de France, avec la promesse d’une retransmission à la fois experte, passionnée et accessible.






