Le sélectionneur du XV de France, Fabien Galthié, s’est livré dans une interview exclusive accordée à TF1, où il a salué la performance de son ouvreur Matthieu Jalibert et partagé sa vision sur l’état d’esprit et la discipline de son équipe.
« Matthieu Jalibert ? Je suis très content pour lui, par rapport à sa performance. Et je suis très heureux pour l’équipe. C’est une performance dans laquelle les joueurs ont réussi à s’exprimer. Ce qui a été bien c’est que nous avons réussi à tenir un cap sur la stratégie et la réalisation. On a pu basculer en seconde mi-temps sur une autre organisation. On avait prévu deux formes de jeu. La première forme de jeu qui a bien fonctionné en première mi-temps. La deuxième forme de jeu a également bien fonctionné en deuxième mi-temps. On a pu alterner et poser des problèmes à la défense Galloise qui n’a pas su s’adapter à notre organisation. »
Malgré un temps de préparation réduit, Galthié affirme avoir su trouver la bonne formule pour que ses joueurs soient à la fois cohérents et solides sur le terrain, notamment grâce au duo Dupont-Jalibert qui fait preuve d’une grande justesse dans ses choix. « Matthieu est accompagné par le diable de Thomas Ramos. C’est incroyable comme il peut transformer des ballons anodins ou des ballons sous pression. On arrive à avoir une équipe qui inverse la pression régulièrement. »
Sur la discipline, un aspect crucial du jeu tricolore, le sélectionneur reste exigeant : « La discipline ? On peut faire mieux à la fin. Mais ce qui nous fait bien rentrer dans les matches, ce sont nos débuts de match à zéro faute. On a eu deux pénalités en première mi-temps. On ne leur donne pas la possession. Il vaut mieux perdre le ballon parfois plutôt que de leur donner une pénalité. On ne leur donne pas la possibilité de repartir sur un ballon organisé. Je remercie les joueurs car ils ont accepté le challenge qu’on leur a proposé, un challenge qui change de d’habitude. Pour le moment ça tient bien la route et c’est bien, ils sont récompensés. »
Interrogé sur l’ambition du Grand Chelem, il préfère botter en touche et se focaliser sur le prochain rendez-vous : « Le Grand Chelem ? On pense à l’Italie. Après le match, le vestiaire, la douche, une pizza. On rentre à Marcoussis, la remise des premiers capés et des 50 caps et ensuite on bascule sur le match contre l’Italie, l’équipe de Gonzalo Quesada qui arrive à Lille avec des ambitions et des intentions. On reste à Marcoussis pour se préparer pour ce rendez-vous de dimanche prochain. Voilà notre objectif. »
Il met également en garde contre l’euphorie médiatique : « L’environnement en équipe de France vous encense ou alors il vous descend. En ce moment on est encensé mais attention car ça peut nous faire déjouer. On est des latins, on sait comment ça fonctionne. On est bon quand on est sous pression, on est capable de faire de bonnes choses, mais quand on est encensé, parfois c’est difficile de se mobiliser. On a besoin des papas pour qu’on nous maintienne dans le bon chemin et qu’on ne s’emballe pas. »
Le sélectionneur évoque aussi le cas du jeune trois-quarts centre Fabien Brau-Boirie, un élément prometteur en pleine intégration dans le groupe : « Fabien Brau-Boirie est avec nous à Marcoussis depuis plus d’un an. C’est très dur la formule 42 car tous les mercredis on annonce l’équipe et on en lâche 14. Mais ces 14 joueurs qui sont frustrés baignent pendant trois jours sur la préparation du match. On veut préparer les joueurs en amont. Fabien semblait habitué car ça fait plus d’un an et demi qu’il travaille avec nous et ça nous aide pour intégrer de nouveaux joueurs. »
Pour conclure, Fabien Galthié a rendu hommage à deux piliers du vestiaire, Charles Ollivon et Julien Marchand, qui ont atteint le cap symbolique de 50 sélections. « Julien Marchand et Charles Ollivon, ça fait maintenant 7 ans qu’on voyage ensemble. Le rugby français peut être fier de faire éclore des joueurs comme ça, avec des parcours de vie incroyables. Ils ont honoré leur 50ème cape. Le rugby français peut-être fier d’avoir sorti ces deux hommes de cette épaisseur. Quand on fait la présentation de nos joueurs, ce sont des joueurs qui ont pas mal donné à la chirurgie. Ils sont passés souvent dans les mains des chirurgiens et ils sont toujours revenus. Ils sont solides. On sait que dans ce sport, on peut se blesser et passer d’être le meilleur joueur du monde à ne plus jouer. Ces joueurs appréhendent cette chose de manière sereine. »
Une déclaration qui met en lumière la résilience et l’état d’esprit combatif de ce groupe français, en route vers une nouvelle étape de son parcours international.







