Le dossier du transfert de Melvyn Jaminet, survenu à l’été 2022, prend une tournure judiciaire majeure.
Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête préliminaire pour abus de confiance concernant le montage financier autour de la société Pacific Heart. Dans ce contexte, le Stade Toulousain a décidé de briser le silence en déposant une plainte.
### Une plainte pour détournement de fonds
Le club a versé 500 000 euros à une société basée à Tahiti pour un projet de stage aux Fidji qui n’a finalement jamais eu lieu. Face au flou entourant la destination de cette somme, le Stade Toulousain a porté plainte contre X il y a une dizaine de jours.
Me Cavalié, avocat du club, s’est exprimé avec fermeté dans les colonnes de *Midi Olympique* :
« J’aimerais vous parler longuement de cette affaire, car il y a énormément de choses à dire. Ce n’est cependant pas encore le moment. Mais je peux vous confirmer que le Stade toulousain a déposé une plainte contre X. Dans le cadre de cette affaire, s’il y a eu abus de confiance, comme le parquet l’a souligné, c’est bien le Stade toulousain qui en a été victime, puisque les fonds versés ont été détournés.
Cette affaire mériterait bien des commentaires qui n’ont jamais été faits jusqu’à présent alors que la Ligue elle-même n’est pas exempte de reproche dans ce dossier et que la volonté du club est que toute la lumière soit faite sur tous les aspects et tous les intervenants à cette affaire. Un jour viendra… »
### Toulouse accepte sa sanction sportive
Sur le plan disciplinaire, le club a écopé d’un retrait de deux points ferme, plus deux autres avec sursis, prononcé par l’A2R. Bien que contestant le fond du dossier, le Stade Toulousain a choisi de ne pas faire appel, préférant concentrer ses efforts sur le volet pénal.
Me Cavalié explique cette stratégie :
« Cette décision se caractérise par la très grande modicité de la sanction prononcée, probablement en lien avec la conscience que ses auteurs avaient de la fragilité de leur raisonnement juridique et disciplinaire. Après mûre réflexion, le club a décidé de ne pas faire appel, alors que son intérêt est évidemment que les débats juridiques initiés soient le plus rapidement possible tranchés par les juridictions étatiques.
Le club n’a pas fait appel parce que des rumeurs annonçaient par ailleurs ce dont *L’Équipe* s’est fait l’écho et que les deux dossiers induisent les mêmes problématiques juridiques. Il faut savoir choisir ses combats : Didier Lacroix a choisi ce dernier, car il concerne aussi la protection des intérêts de ses joueurs, et qu’il donnera également l’occasion de saisir les juridictions étatiques. Personnellement, j’ai quand même le sentiment que c’est le club qui est visé, et que les dégâts que cela peut produire sur les joueurs ne sont même pas pris en considération. »
En acceptant cette sanction disciplinaire minimale tout en saisissant la justice étatique, le Stade Toulousain espère clore le chapitre sportif et faire toute la lumière sur les intermédiaires impliqués dans ce transfert controversé.







