Le Stade Toulousain brise le silence face aux accusations de contournement du Salary Cap via les contrats d’image d’Antoine Dupont et Anthony Jelonch, gérés respectivement par les sociétés 3S et Fiducial.
Par la voix des avocats Me Bruno Cavalié et Me Jean Iglesis, le club toulousain défend sa position et dénonce les incohérences du système actuel.
**Un club sous surveillance exclusive ?**
Alors que les enquêtes se multiplient autour du champion de France – après les affaires Kolbe, Jaminet, et désormais Dupont-Jelonch – la défense s’interroge sur le caractère sélectif des investigations. Me Cavalié affirme avec certitude sur Midi Olympique : « Le Salary cap manager en est informé. »
L’avocat exprime son incompréhension quant au traitement médiatique et réglementaire réservé au Stade Toulousain :
« Je m’étonne de constater que les seules investigations concernent les joueurs du Stade toulousain. Je ne dis pas du tout qu’il y aurait des griefs à faire à d’autres clubs ou à d’autres joueurs. Mais il est assez surprenant de constater que les enquêtes ne visent que le Stade toulousain, ce qui conduit certains observateurs à parler d’acharnement. Ce n’est pas un mot que je reprends à mon compte, ce n’est pas un mot que le Stade toulousain reprend à son compte. Je ne fais que lire, dire, répéter ce que des internautes écrivent et ressentent. Le Stade toulousain semble ciblé. »
**Le droit à l’image, un enjeu capital pour l’avenir du championnat**
Au-delà des cas individuels, la validité même du règlement sur le plafonnement des salaires est remise en question par les conseils toulousains. Selon eux, le droit à l’image ne devrait pas être assimilé à une rémunération sportive :
« Il est infiniment légitime que des sportifs de haut niveau, en particulier des rugbymen parce que leur carrière est brève, puissent compléter leurs revenus de sportifs par des revenus de sponsoring liés à des annonceurs ou à des prestataires pouvant exploiter leur image. Il est tout à fait aberrant -et d’ailleurs à notre avis illégal- que ces revenus soient inclus dans le salary cap, qu’ils soient assimilés automatiquement aux salaires que les clubs versent à leurs joueurs au titre de leur activité sportive. »
Me Cavalié met en garde sur les conséquences d’un cadre trop restrictif :
« Ce qui est inquiétant, c’est pour l’avenir. On a le meilleur championnat du monde et on espère tous le conserver. Nous le conserverons à partir du moment où il sera à même de procurer aux meilleurs joueurs du monde les meilleurs revenus. Le salary cap plafonne les salaires que les clubs peuvent verser aux joueurs. C’est légitime et le Stade toulousain approuve ce principe […]
Mais si vous bridez en plus la capacité des joueurs à obtenir des revenus de l’exploitation de leur image, vous limitez leur capacité à être correctement rémunérés et, dans cinq à sept ans, voire avant, ils partiront. C’est ça qui est en jeu. Certains disent qu’il faut un nivellement par le bas pour que la compétition reste attractive, donc qu’il ne faut pas que le Stade toulousain gagne toujours. En soi, c’est un sophisme que les chiffres démentent. Quelle est en effet l’évolution des audiences du rugby en France depuis que Toulouse gagne soi-disant trop ? »







