Le rugby français aurait pu s’écrire autrement. Antoine Dupont, aujourd’hui star incontestée du Stade Toulousain, aurait pu débuter sa carrière sous les couleurs de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) il y a dix ans.
Laurent Marti, président du club girondin, dévoile les coulisses de ce choix décisif et manqué de peu.
### L’ombre de Baptiste Serin
À l’époque, le jeune Antoine Dupont sortait d’une saison prometteuse en Crabos avec le FC Auch. L’UBB, flairant son potentiel, envisageait de le recruter. Mais un obstacle pesait lourd : Baptiste Serin, déjà installé dans l’effectif professionnel bordelais et promis à un avenir radieux.
La présence de Serin, demi de mêlée talentueux et en pleine émergence, constituait une concurrence directe que Dupont, soucieux de lancer sa carrière dans les meilleures conditions, a préféré éviter.
Laurent Marti explique au micro d’**Ouest-France** les raisons de ce refus : « Ce qui le dérangeait, c’était qu’il y avait déjà un demi de mêlée très talentueux dans l’effectif et qui allait éclore. » Il ajoute : « Ça l’a un peu refroidi, il a refusé l’UBB. »
### Un choix validé par le temps
Plutôt que Bordeaux, Antoine Dupont s’engage alors avec le Castres Olympique en 2014, club où il fait ses premières armes en Top 14 avant de rejoindre le Stade Toulousain. Ce choix s’est avéré payant, y compris aux yeux de son entourage.
En novembre 2024, son frère Clément Dupont confiait : « Après son année en Crabos à Auch, je pensais que ça serait mieux pour lui qu’il aille à Bordeaux-Bègles. Mais il a choisi Castres et il a eu raison. »
Le destin a finalement réuni Dupont et Serin sous le même maillot : celui du XV de France. Le 5 février dernier, lors de l’ouverture du Tournoi des Six Nations, Baptiste Serin est entré en jeu pour remplacer Antoine Dupont, bouclant ainsi une boucle initiée dix ans plus tôt.







