Matthieu Jalibert est en pleine ascension. Élu homme du match lors de la démonstration des Bleus face au pays de Galles (12-54) et étincelant contre l’Irlande, l’ouvreur bordelais semble enfin avoir trouvé la clé de son épanouissement sous le maillot tricolore.
Au-delà de sa confiance en lui, c’est une profonde évolution du système de jeu français qui valorise désormais ses qualités.
### Une « charnière à trois » et un rôle hybride
Oubliés les doutes sur sa relation avec le sélectionneur Fabien Galthié, Jalibert vit une véritable harmonie avec ce dernier. Cette réussite s’explique notamment par la mise en place d’une charnière inédite au sein de laquelle il partage la mène avec Thomas Ramos.
Le sélectionneur salue l’apport décisif de l’arrière toulousain : « Matthieu est bien accompagné par ce diable de Thomas Ramos qui est capable de transformer des ballons anodins ou des ballons sous pression. »
Sur le terrain, si Jalibert porte toujours le numéro 10, il partage la baguette avec Ramos dans le jeu courant. Lors du match à Cardiff, les deux joueurs ont touché le même nombre de ballons en position de premier receveur (17). Jalibert glisse alors vers un rôle de « cinq-huitième », plus reculé, qui lui offre un plus grand espace pour déployer sa vitesse et son sens du jeu.
### L’efficacité du « deuxième receveur »
Cette alternance, observée à neuf reprises face aux Gallois, crée des brèches fatales. En se positionnant au cœur de la mêlée ou comme deuxième receveur, Jalibert profite du travail de fixation pour s’engouffrer dans les intervalles.
Antoine Dupont souligne l’intérêt de ce dispositif : « Avoir un arrière qui peut aussi jouer ouvreur permet de suppléer le numéro 10 de temps en temps », notant que « Matthieu en a profité pour casser la ligne plusieurs fois en position de deuxième receveur. »
### Un impact différencié
Cette nouvelle organisation offre au Bordelais deux leviers majeurs :
– **Dans l’axe :** il appuie les avants en décalant le jeu d’une passe.
– **Dans les intervalles :** il exploite les passes en pivot (comme celles de Marchand ou Jegou à Cardiff) pour transpercer la défense adverse.
Avec deux essais et quatre passes décisives lors des dernières sorties, Jalibert déploie avec les Bleus la partition qu’il maîtrise déjà à l’UBB. Dans ce système où Thomas Ramos excelle dans le trafic, l’ouvreur tricolore trouve l’espace nécessaire pour briller et confirme qu’il est l’un des grands bénéficiaires de cette évolution tactique.







