Depuis le départ de Camille Lopez en 2022, l’ASM Clermont peinait à trouver un ouvreur capable de prendre les rênes de l’équipe. Avec l’arrivée d’Harry Plummer, les Jaunards semblent avoir déniché bien plus qu’un simple maître à jouer : un véritable leader. Cette réussite éclatante trouve son origine dans un dîner fondateur en novembre 2024 et une préparation méticuleuse du Néo-Zélandais.
### La naissance d’une complicité
Tout a commencé autour d’une table clermontoise où Christophe Urios et Baptiste Jauneau ont rencontré le nouveau numéro 10. Miguel Fernandez, l’agent qui a facilité la rencontre, se remémore ce moment décisif.
Il confie dans les colonnes de *Midi Olympique* : « J’étais assis entre Harry et Baptiste Jauneau. Plus le dîner passait, plus les deux tentaient de s’apprivoiser, de plaisanter et de se chercher. Je sentais une complicité naître, cela « cliquait » entre eux deux. J’ai donc échangé ma place avec Harry pour qu’ils discutent mieux et je voyais les yeux de Christophe Urios pétiller de l’autre côté de la table ».
### Un professionnel hors norme
Dès la signature de son contrat, Plummer a affiché une détermination exceptionnelle. Loin de se contenter du rôle de simple expatrié, il a exigé de s’investir pleinement avant même son arrivée à Clermont.
Miguel Fernandez raconte : « Il y avait une véritable envie d’Harry de venir en France. Il avait fait deux grosses saisons aux Blues et il posait beaucoup de questions sur le fonctionnement et la culture de l’ASM. Il connaissait Tony Marsh, l’ASM lui plaisait. Une chose m’a profondément marqué : dès qu’il a donné son accord à Clermont, il a demandé que le club lui envoie tous les matchs pour étudier le jeu, les combinaisons et les adversaires. J’avais rarement vu cela ! ».
Cette implication s’est traduite par six mois intensifs de cours de français, lui permettant d’être pleinement opérationnel dès le 1er juillet. Pour son coéquipier Lucas Zamora, le message est clair : « Il n’est pas venu pour visiter le Puy-de-Dôme ! »
### Un leader cartésien sur le terrain
Sur la pelouse, le All Black s’est imposé comme un chef d’orchestre grâce à sa parole et son jeu au pied redoutable.
Frédéric Charrier, entraîneur de l’attaque, souligne son autorité naturelle : « Il voulait tout comprendre. Dès le départ, il était impliqué partout, il voulait savoir quel jeu on voulait pratiquer, il n’a pas attendu une semaine ou deux pour s’impliquer dans le projet de jeu. Il peut paraître détaché voire effacé hors du rugby. Lors de nos épreuves Vulcains, il ne s’est pas mis en avant, mais sur le terrain, c’est un vrai cartésien, il attache une importance extrême aux détails et il a enfilé le costume de leader très tôt ! Ce n’est pas le genre de joueur à se gérer à l’entraînement. »
Il ajoute : « Maintenant, il reste un nouveau joueur dans notre effectif et il doit notamment progresser dans l’alternance. Il devra à la fois se faire oublier pour faire briller ses partenaires et revenir dans le jeu pour peser sur la ligne d’avantage, comme il l’a très bien fait à Toulon. D’autant qu’il sera désormais beaucoup plus attendu par les défenses… »
L’ouvreur, qui se dit « prêt à donner mon corps pour l’équipe », est aujourd’hui le meilleur réalisateur du Top 14. Son intégration réussie, mêlant bienveillance hors du pré et rigueur absolue sur le terrain, redonne de l’ambition à une institution clermontoise qui attendait son « Messie ».
Mais pour Plummer, l’épreuve la plus difficile commence maintenant : confirmer son statut alors que toutes les défenses du championnat ont désormais les yeux rivés sur lui.







