Le 18 février marque la fin d’une ère à l’Aviron Bayonnais : Grégory Patat a été démis de ses fonctions de manager, ne reprenant pas avec l’équipe ce jeudi. Cette décision fait suite à des mois de tensions croissantes avec la direction du club.
Si Gerard Fraser, entraîneur des trois-quarts, reprend officiellement les commandes, il travaillera « en lien étroit avec le directeur du rugby Laurent Travers qui devrait désormais poser son regard sur la compo d’équipe. »
Malgré des succès notables — une qualification historique en Champions Cup en 2023 et une demi-finale du Top 14 en 2025 — la confiance entre Patat et la direction était rompue. Philippe Tayeb, président bayonnais, s’exprime sans détour dans les colonnes de Sud-Ouest : « Sur cette année extraordinaire, on est porté par des joueurs qui voulaient sortir par la grande porte (Lopez, Rouet) et on a la chance que de nombreuses équipes se cassent la gueule. » Il relativise fortement la réussite sportive passée du manager girondin : « La légitimité de la 4e place, c’est que dalle ! »
Le point de rupture s’est cristallisé autour de l’arrivée de Laurent Travers, un choix que Patat n’a « jamais réellement validé ». Lassé de décisions unilatérales concernant les départs de joueurs, le choix des adjoints ou la programmation des matchs amicaux, il a fait part de son mécontentement au conseil d’administration.
Pour Philippe Tayeb, ce départ intervient à un moment crucial pour le club, qu’il justifie comme un besoin urgent de professionnalisation. Il déclare à Sud-Ouest : « Il quitte le navire dans la tempête. Mais je ne suis pas dupe, c’est pour signer ailleurs, je le sais. Personne n’a voulu le mettre dehors. »
Le président ne cache pas non plus son amertume face au comportement de Patat envers Laurent Travers : « À tort, je pensais qu’il pourrait travailler avec Laurent Travers. Qui est-on pour refuser Laurent Travers ? La légitimité de la 4e place, c’est que dalle ! Je lui ai donné sa chance pour diriger ce club en 2022 alors que personne ne le connaissait et maintenant, je suis injurié sur les réseaux. Ça commence à me gonfler. »
Pour Tayeb, la situation du vestiaire reflète ces tensions : « Les joueurs en ont marre. On n’est pas organisé, pas structuré… » Le président évoque une exigence nouvelle : « Ça ne suffit plus de prendre les mecs par le cou et de discuter avec eux. Ils veulent du haut niveau, pas de la Pro D2. Certains me disent : ‘‘Moi je veux être international, c’est pas comme ça qu’on fait.’’ »
Face à ces bouleversements et au mécontentement d’une partie des supporters, Philippe Tayeb mise désormais sur le tandem Fraser-Travers pour relancer le club. Le manager gersois ne pourra toutefois pas faire ses adieux au stade Jean-Dauger.
L’Aviron Bayonnais, actuellement 12e du Top 14, va désormais devoir affronter la fin de saison sans l’un de ses piliers des quatre dernières années.







