Gaël Dréan, le sprinteur toulonnais chronométré à 37 km/h, continue de fasciner sans pour autant s’imposer dans le groupe France. Malgré ses huit essais en dix matchs de Top 14, l’ailier morbihannais peine à décrocher une place dans le XV de départ lors de ce Tournoi des Six Nations.
Le principal frein pour Dréan est la concurrence féroce à l’aile droite, dominée par Théo Attissogbe. Le jeune Palois, auteur de huit essais en dix sélections, s’est imposé avec une maîtrise notable sous les ballons hauts. Pour le Breton, l’opportunité d’entrer en jeu dépend donc essentiellement d’une blessure ou d’une baisse de forme du titulaire, alors que d’autres candidats comme Grégoire Arfeuil espèrent aussi leur chance.
Mais la tactique du staff tricolore complique davantage les choses. Fabien Galthié privilégie un banc de six avants pour seulement deux arrières, limitant les possibilités pour les arrières spécialisés. Dans ce schéma, la polyvalence est indispensable : « un poste est réservé à une charnière capable de couvrir le 9 et le 10 (comme Baptiste Serin ou Antoine Dupont), le dernier strapontin revient presque toujours à un centre capable de glisser sur plusieurs postes ». Or, Gaël Dréan est un « pur ailier » qui « ne peut pas dépanner au centre au plus haut niveau ». Cette spécialisation, qui fait sa force à Toulon, devient ainsi son principal handicap en équipe de France.
Le match de dimanche face à l’Italie représente peut-être la dernière chance pour le « Lorient Express ». Galthié pourrait choisir d’épargner ses cadres avant les affrontements décisifs contre l’Écosse et l’Angleterre, ouvrant ainsi la porte à Dréan. La question demeure : le joueur se concentre-t-il uniquement sur une place de titulaire, ou a-t-il intégré que, sauf imprévu, « il va devoir rentrer chez lui pour le week-end » ?
La réponse sera connue jeudi en début d’après-midi, lors de l’annonce officielle de la composition d’équipe. Pour l’enfant de Lorient, l’attente n’a jamais été aussi intense.






