Le journaliste de L’Équipe, Frédéric Bernes, à l’origine de l’enquête sur le contournement du Salary Cap au Stade Toulousain via des contrats d’images opaques liant Antoine Dupont et Anthony Jelonch, a enfin pris la parole.
Invité par Alexandre Priam sur Sud Radio, Bernes a clarifié ses intentions et le déroulement de son investigation. Il dément catégoriquement toute forme d’acharnement contre le Stade Toulousain, contrairement à ce que certains supporters du club pensent. « Je ne vais pas beaucoup sur les réseaux sociaux mais on me fait remonter beaucoup de choses. On me demande si ce n’est pas un acharnement contre le Stade Toulousain. […] Ce serait une ineptie de notre part car si on regarde nos chiffres dans L’Équipe, le Stade Toulousain est l’équipe la plus populaire, le club qui fait le plus d’audience sur nos articles. Donc il n’y a aucune raison. Et quiconque aime le rugby ne peut être qu’admiratif de ce que produit le Stade Toulousain et leurs joueurs. »
L’enquête a en réalité débuté avec l’affaire Cheslin Kolbe, mais Bernes rappelle que ses premiers articles sur le Salary Cap remontent à 2017 et visaient Montpellier. « On est au départ sur l’histoire du transfert de Cheslin Kolbe. On commence par le côté de Toulon plutôt que du côté de Toulouse. […] Mes premiers articles sur le Salary Cap datent de 2017 et c’était sur Montpellier, à un moment où j’avais commencé à travailler sur les frères Du Plessis, Goosen, Aaron Cruden… Donc il n’y a pas d’acharnement sur le Stade Toulousain. »
Le traitement de ce dossier ne dépend pas du club concerné : si un autre club du Top 14 était impliqué dans un contournement similaire, la démarche journalistique serait identique. « Il y a des informations et des sources, c’est comme ça que ça marche. Si demain on reçoit des informations sur le Stade Rochelais, sur le Racing 92, sur le Stade-Français ou l’UBB, on traitera l’information de la même façon. […] Ce n’est pas parce que d’autres clubs le feraient que Toulouse ne le ferait plus. C’est aussi cela la réalité. »
L’enquête est parue le jour de l’anniversaire du président du Stade Toulousain, Didier Lacroix, un hasard que regrette Bernes. « On a appris que c’était l’anniversaire de Didier Lacroix via un post du Stade Toulousain dans la journée. Cette enquête de quatre pages était programmée depuis plusieurs jours donc évidemment que c’est malheureux. On aurait préféré que ce soit n’importe quel jour et pas lors de l’anniversaire de Lacroix, de Dupont ou de Jelonch. On n’a pas vérifié les anniversaires, c’est vrai ! »
Concernant la publication en plein Tournoi des Six-Nations, le journaliste explique que son équipe était prête dès janvier. Mais « au dernier moment, l’avocat d’Antoine Dupont est revenu avec de nouveaux éléments qui ont demandé du temps d’analyse de notre part. Du coup, cela a repoussé la publication de notre enquête. On était prêt pour la semaine de France – Irlande. […] On n’est pas des cow-boy non plus donc on a attendu. »
Face à la pression médiatique et la crainte d’être devancés, la publication a finalement été programmée le lundi précédant un match important. « On savait aussi que d’autres journalistes étaient aussi sur le coup et de plus en plus de journalistes savaient que l’on travaillait sur cette enquête. On se disait qu’on allait se faire griller et il fallait trouver une fenêtre. On a donc choisi le lundi sachant que le match contre le Pays-de-Galles était le dimanche. […] Le bon moment, il n’y en a pas. On ne peut pas attendre le mois de juillet et l’intersaison. Quand on est un journal et que nous avons l’information en février, on ne peut pas attendre l’été. On essaye de faire attention, rien ne nous oblige à faire attention mais on le fait. »
Bernes raconte avoir été particulièrement intrigué par Toulouse : « Jaminet, ce qui m’a beaucoup intrigué, c’est la défense du Stade Toulousain où Didier Lacroix dit que la seule erreur faite c’est d’être léger et d’avoir confié leurs intérêts à Arnaud Dubois qui est un avocat. Si c’est ça le problème, je me dis que je ne vais pas trouver d’autres sujets problématiques à Toulouse tant qu’il n’y a pas Dubois. Et la preuve que si ! C’est ce qui m’a intrigué et c’est comme ça que l’on travaille. »
Il reste convaincu que d’autres clubs ont contourné le Salary Cap. « J’ai une conviction : si c’est arrivé à tel endroit, ça peut arriver à un autre endroit. C’est un peu comme du dopage. Contourner le Salary Cap, c’est du dopage économique. J’essaye de travailler avec des éléments pour dire oui ou non. Mais il n’y a aucune raison qui permette de dire que des clubs n’ont jamais triché avec le Salary Cap. »
Le Stade Toulousain a toujours été informé de l’enquête menée mais n’a pas toujours répondu aux sollicitations : « Le Stade Toulousain était au courant depuis le départ de ce que je faisais. Dès début janvier. Ils savent très bien. Ils ont eu les questions et ils ont souvent choisi de répondre à côté ou de ne pas donner de réponse. Peut-être que plus tard ils donneront des réponses. Pour l’avocat d’Antoine Dupont, il m’a envoyé un fichier lourd avec une quinzaine d’éléments pour attester qu’Antoine Dupont travaillait bien pour la société 3S Alyzia. On a analysé tout ce qu’il y avait dans ce document et pour nous ça ne démontre absolument pas qu’Antoine Dupont a effectué le travail pour lequel il a été rémunéré. »
Pour conclure, Bernes appelle à une plus grande responsabilité collective : « Il faudrait responsabiliser tous les maillons de la chaîne. Si un joueur dit non à un contrat d’image, le contrat ne peut pas se faire. Il existe dans le règlement de la Ligue, une responsabilisation du joueur personnellement et du club personnellement quand il y a une infraction financière ou une communication erronée des documents ou pas de communication du tout. Dans ce cas-là, on peut convoquer les joueurs. Et si les joueurs sentent qu’il peut y avoir un risque, je pense que tout cela serait beaucoup plus clair et qu’il n’y aurait pas de dérapage, c’est certain. »








il ne manquerait plus qu’il dise “oui, j’enquête à charge et je cherche à me faire le stade toulousain !”. Question défense ça me rappelle la cour de justice avec tous ces coupables qui plaident leurs innocences. Je suppose qu’il a mené ces enquêtes sur tous les autres clubs, sur les contrats d’images de tous les joueurs pro ? Non ?! C’est bizarre d’ailleurs comme tout le monde du rugby se tait, se terre : pourvu qu’il ne vienne pas chez moi… Allez, insiste, tu l’auras ton scalp du plus grand club de rugby français !!