C’est la fin d’une époque à Jean-Dauger. Grégory Patat ne sera plus sur le banc de l’Aviron Bayonnais dès le prochain déplacement à Clermont. Mercredi, une simple remise de courrier — une dispense d’entraînement — a scellé le sort du technicien de 51 ans.
Si ce départ peut sembler brutal, il était en réalité inévitable tant les tensions entre le manager et la direction s’étaient intensifiées ces derniers mois.
Selon le quotidien L’Équipe, ce divorce entre Philippe Tayeb, président du club, et Grégory Patat trouve ses racines dans un profond désaccord.
### Une rupture consommée dans les bureaux
La scène s’est déroulée mercredi soir dans un club désert, en pleine période de repos des joueurs. Grégory Patat a reçu la visite du directeur financier qui lui a remis la lettre fatidique. La suite fut sans appel : il a vidé son bureau, emballé quelques cartons et prévenu le staff par téléphone.
Ce départ n’est cependant pas un licenciement classique, mais l’aboutissement de négociations entamées après que Patat a lui-même tendu la main la semaine précédente, exprimant par écrit son impossibilité de continuer à avancer.
Un accord a été trouvé : le manager quittera Bayonne sans toucher ses deux années d’indemnités, malgré une récente prolongation de contrat jusqu’en 2028 qui laissait déjà présager une issue incertaine.
### Les racines d’un conflit profond
Le malaise couvait depuis longtemps. Philippe Tayeb n’avait jamais caché ses doutes sur le management de Patat, lui reprochant ouvertement d’être « pas un bon manager » et de n’avoir été prolongé que parce que « le peuple le voulait ».
Plusieurs points de friction ont alimenté cette rupture :
– **Le recrutement imposé :** L’arrivée de Thibault Giroud et surtout de Laurent Travers comme directeur du rugby à l’été 2025 ont engendré un flou intenable dans la répartition des responsabilités.
– **Un management jugé trop souple :** Tayeb critiquait Patat pour être « trop laxiste, trop gentil, trop proche des joueurs », notamment après des défaites évitables contre Oyonnax ou Castres.
– **Le fiasco sportif actuel :** Bayonne, 12e du Top 14, reste englué dans une série noire avec neuf défaites sur dix matches, perdant au passage une invincibilité à domicile qui durait depuis 19 mois.
### « Des chiens de la casse » et un héritage malgré tout
Malgré les critiques du président, qui affirme que les joueurs sont mécontents et « qu’ils ne travaillent pas assez », l’héritage de Patat à Bayonne demeure tangible. Sous sa direction, le club s’est stabilisé dans l’élite, a participé à la Champions Cup et a attiré des joueurs de renom mais aussi, selon les mots du troisième-ligne Arthur Iturria, « des chiens de la casse » séduits par son discours combatif.
Si la rupture est désormais actée, Patat n’oubliera pas que c’est Philippe Tayeb qui lui avait donné sa chance il y a quatre ans. Une nouvelle page s’ouvre ce jeudi matin à 8 heures, lorsque le président s’adressera aux joueurs pour lancer une nouvelle ère, sans doute sous l’influence grandissante de Laurent Travers sur le terrain.







