Si le XV de France impressionne par son efficacité offensive, il s’apprête à affronter une équipe italienne redoutable dans un domaine où elle a retrouvé une nouvelle vigueur : les fondamentaux du rugby.
Sous la direction de Gonzalo Quesada, l’Italie a fait de sa conquête une arme redoutable. Sa mêlée, autrefois considérée comme un point faible, s’est muée en une véritable force capable de déstabiliser les plus grandes équipes, comme en témoigne la puissance de Mirco Spagnolo face au colosse irlandais Tadhg Furlong.
**Une mêlée devenue une machine à pénaliser**
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec une efficacité de 100 % sur ses propres introductions, le pack italien témoigne d’une rigueur exemplaire. Mais c’est surtout leur agressivité défensive qui impressionne. Les Azzurri ont déjà récolté huit pénalités en mêlée depuis le début du Tournoi, établissant un record dans la compétition.
Andrea Moretti, entraîneur des avants italiens, se montre fier de cette évolution dans les colonnes de Midi Olympique :
« En Italie, les gars adorent la mêlée, cette notion de défi. On peut compter Danilo Fischetti et Simone Ferrari parmi les meilleurs spécialistes. Mais je suis tout aussi fier de l’évolution des autres première ligne : quand on voit le niveau des remplaçants à Dublin le week-end dernier… C’est tellement appréciable d’avoir autant de ressources. Et des gars qui sont polyvalents en plus, avec Hasa mais aussi Ferrari. Même quand il y a des cas d’urgence ou des pépins, on ne manque pas de solutions ».
Laurent Sempéré, responsable de la conquête française, alerte sur la menace que représente cette mêlée :
« C’est un grand point fort pour l’équipe d’Italie, la conquête en général et en particulier leur mêlée, avec l’énergie collective qu’ils y mettent. On sait que ça va être un enjeu pour nous ce week-end, on se prépare à ça, ça va être un des points clés du match ».
**Les meilleurs « voleurs » de ballons en touche**
L’alignement défensif italien n’est pas en reste. Avec 31 % de touches adverses volées (soit 9 ballons subtilisés), les Transalpins dominent largement ce secteur. Manuel Zuliani, Michele Lamaro ou Andrea Zambonin se sont illustrés comme des spécialistes dans cet art du contre.
Cette solidité en conquête permet désormais à l’Italie de rivaliser avec les meilleures nations. Laurent Sempéré confirme cette progression :
« Ils ont développé leur conquête à un très haut niveau, qui permet de mettre une grosse pression sur les équipes adverses. Avec ce socle-là plus une bonne défense, ils sont capables de rivaliser avec n’importe quelle équipe ».
Dimanche, à Lille, la confrontation dans les airs et en mêlée sera sans doute déterminante pour des Bleus avertis, conscients que la bataille des fondamentaux pourrait sceller l’issue du match.







