Le monde du rugby français évolue. Face à un engouement populaire inédit, avec des audiences records et des stades toujours plus remplis, les supporters s’organisent pour faire entendre leur voix.
Le 1er décembre 2025 a vu la création du « Collectif des Supporters de rugby », une association regroupant onze groupes emblématiques, parmi lesquels ceux de Toulouse, Bayonne ou Toulon. Leur ambition est claire : promouvoir des « stades pleins, vivants et colorés ».
Au-delà du simple soutien aux équipes, ces fans veulent s’imposer comme des acteurs influents dans l’évolution du rugby. Le collectif rejette un modèle trop rigide au profit d’une ambiance authentique. Dans un communiqué, ils affirment : « À l’opposé d’une vision conservatrice et en opposition à une uniformisation des stades qui tuera nos tribunes, notre collectif souhaite embrasser cette évolution pour mieux l’accompagner afin d’encourager une ambiance humaine et non artificielle. »
Cette transformation intervient alors que le rugby séduit un public de plus en plus large, au-delà de ses terres rurales traditionnelles. Pour le sociologue du sport Seghir Lazri, cette évolution est profonde : « Le stade n’est plus seulement dédié aux performances, les enjeux économiques dictent la loi, et cela transforme la manière dont les spectateurs interagissent », explique-t-il dans L’Équipe.
L’élargissement du public, s’il est une opportunité économique, s’accompagne également de comportements nouveaux parfois problématiques. Des incidents tels que jets de projectiles ou insultes ont poussé certains clubs à agir. François Rivière, président de l’Usap, tempère cependant : « Il n’y a eu aucune violence, ce sont des jets qui sont interdits et qui sont inacceptables. […] On a mis en place avec les Penyes toute une politique pour rappeler quelles étaient les règles élémentaires du rugby auxquelles on devait se conformer. Règles qui ont été acceptées et signées par l’ensemble des associations de supporters. […] Mais soyons sérieux, je vois et j’entends ce qui se passe dans tous les stades où je me rends. Il n’y a bien évidemment pas eu des jets de gobelets, des insultes et autres comportements nocifs qu’à Aimé-Giral. »
Le nouveau collectif entend désormais unir ses forces pour conjuguer passion et respect des traditions. Il travaille sur des sujets concrets tels que la billetterie visiteur ou la gestion du matériel d’animation. Leur espoir ? Une « homogénéisation des autorisations d’entrée du matériel dans les stades, repenser la billetterie pour les supporters visiteurs et la programmation TV qui doit mieux prendre en considération les différentes problématiques rencontrées des supporters locaux et visiteurs. »
La priorité reste claire : que chaque fan puisse « vivre de sa passion en toute sécurité ». Dans leurs mots, « Nous sommes convaincus que ces mesures de bon sens permettront d’encourager de belles ambiances chaudes et conviviales pour que chacun, aux quatre coins de la France, puisse vivre sa passion en toute sécurité. »







