Le Stade Toulousain porte plainte pour diffamation contre L’Équipe
Le club de rugby champion de France en titre, le Stade Toulousain, réagit vigoureusement aux accusations de fraude publiées par le journal L’Équipe au sujet des contrats publicitaires de ses joueurs vedettes Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Par communiqué, le club dénonce des « allégations infondées » et annonce une action judiciaire en diffamation.
Une mise au point ferme sur les accusations
Le Stade Toulousain conteste catégoriquement avoir reconnu une quelconque faute. Il qualifie d’« accusation de dissimulation et de fraude factuellement inexacte » les informations diffusées, précisant que le contrôle visait les saisons 2020/2021 et 2021/2022, et non pas l’année 2023, contrairement à ce qui a été rapporté. Le club assure que « les sommes versées par le groupe 3S » lors de ces saisons « ont été déclarées par le club et intégrées au salary cap ».
Transparence et débat d’interprétation
Le club dirigé par Didier Lacroix insiste sur la transparence dont il a fait preuve auprès des instances de contrôle : « Le salary cap manager était donc parfaitement informé de l’existence et du montant du contrat concerné. Le différend ne portait nullement sur une prétendue dissimulation, mais sur une question d’interprétation ». Pour le Stade Toulousain, « transformer un débat légitime d’interprétation en une reconnaissance d’un comportement frauduleux constitue une dénaturation grave des faits ».
Précisions sur le volet juridique
Le club dénonce également une « présentation erronée du débat juridique relatif au salary cap » et réfute l’idée selon laquelle le Conseil d’État aurait tranché sur les points de règlement soulevés par Toulouse. La direction explique : « Il ne s’agit donc pas de contester le salary cap dans son principe, mais de s’interroger sur la légalité et la cohérence de certaines de ses dispositions particulières ».
Rétablir la vérité
Par cette procédure judiciaire, le Stade Toulousain, fort de ses 24 titres de champion, entend défendre son intégrité et rétablir la vérité factuelle.
Extrait du communiqué du Stade Toulousain :
« Le Stade Toulousain a décidé d’engager une action pénale en diffamation à la suite de deux articles publiés le 18 février 2026 par le journal L’Équipe à son propos. Dans un souci de transparence concernant cette procédure, le Stade souhaite apporter différentes précisions.
1. Une accusation de dissimulation et de fraude factuellement inexacte
Il est affirmé que le Stade Toulousain aurait “reconnu avoir dissimulé” un contrat auprès du salary cap manager, avant d’admettre sa faute et de s’acquitter d’une amende. Cette accusation est mensongère. Le contrôle portait sur les saisons 2020/2021 et 2021/2022. Le rapport du salary cap manager mentionne explicitement que :
– Les sommes versées par le groupe 3S au titre de la saison 2020/2021 ont été déclarées par le club et intégrées au salary cap ;
– Pour la saison 2021/2022, ces montants figuraient également dans les déclarations transmises.
Le salary cap manager était donc parfaitement informé de l’existence et du montant du contrat concerné. Le différend ne portait nullement sur une prétendue dissimulation, mais sur une question d’interprétation : la qualification juridique de la société 3S-Alyzia au regard du règlement de la LNR (partie associée ou non associée). Il n’y avait donc pas eu de dissimulation, ni de reconnaissance d’une telle dissimulation. Transformer un débat légitime d’interprétation en une reconnaissance d’un comportement frauduleux constitue une dénaturation grave des faits.
2. Une présentation erronée du débat juridique relatif au salary cap
Les articles affirment que les critiques du Stade Toulousain sur certains aspects du règlement salary cap auraient déjà été tranchées en 2019 par le Conseil d’État en faveur de la Ligue. Cette affirmation est inexacte. En 2019, le Conseil d’État a statué sur la validité du principe même du salary cap, principe que le Stade Toulousain n’a jamais remis en cause. Le principe du salary cap, c’est-à-dire le plafonnement des rémunérations versées par les clubs à leurs joueurs, est légitime et nécessaire.
Le débat actuel porte sur une question distincte, jamais tranchée judiciairement : faut-il assimiler à un salaire versé par un club les sommes qu’un joueur perçoit directement d’une entreprise tierce au titre de contrats d’image ou de prestations réalisées en dehors de son activité sportive ? Le règlement actuel assimile automatiquement ces rémunérations à des salaires sportifs. C’est cette assimilation systématique qui est discutée. Il ne s’agit donc pas de contester le salary cap dans son principe, mais de s’interroger sur la légalité et la cohérence de certaines de ses dispositions particulières.
Le Stade Toulousain ne refuse jamais le débat contradictoire. Il ne peut en revanche accepter que des faits inexacts soient présentés pour dénaturer le débat qu’il a initié au sein de la LNR et que son intégrité soit publiquement mise en cause sur la base d’allégations infondées. L’action judiciaire engagée vise exclusivement à faire reconnaître la vérité des faits et à protéger le club et ses joueurs. »







