Longtemps cantonnée à l’ombre des géants du rugby français, la Section Paloise s’affirme désormais comme une force à part entière. Deuxième du Top 14 et désormais un pilier incontournable du XV de France en quête d’un Grand Chelem, le club béarnais incarne une dynamique nouvelle, portée par une génération jeune, ambitieuse et libre de toute pression.
À l’avant-garde de cette montée en puissance, Théo Attissogbe, ailier percutant, s’impose déjà comme une pièce maîtresse du quinze tricolore, éclipsant des talents établis tels que Damian Penaud ou le Toulonnais Gaël Dréan, encore non sélectionné. En marquant face à l’Irlande puis au pays de Galles, Attissogbe a levé tous les doutes liés à l’absence de Penaud, référence mondiale à son poste.
Cette performance individuelle s’inscrit dans une dynamique collective forte : la Section Paloise compte désormais huit joueurs dans le groupe France pour le Tournoi des Six Nations. Un nombre qui peut surprendre, mais qui témoigne de la réalité sportive actuelle, Pau se positionnant juste derrière Toulouse et devant Bordeaux-Bègles au classement.
Dan Robson, ancien international anglais et meneur de jeu du club palois, suit de près l’évolution de son ailier et mesure tout son potentiel. Interrogé par Rugbypass sur la progression physique et athlétique de Théo, il se montre formel :
« Théo est rapide et il va devenir encore plus rapide. Ce qui fait peur, c’est qu’il est encore en train de trouver sa vitesse maximale et qu’il lui reste encore quelques mètres à gagner et, pour un garçon aussi jeune, il a une très bonne vision du jeu et une vraie compréhension du jeu. Théo et Bielle-Biarrey sont très similaires, ils sont très rapides et lisent très bien le jeu. »
Le demi de mêlée insiste également sur la capacité d’Attissogbe à lire le jeu et son instinct collectif, rares pour un joueur de son âge :
« On ne voit pas souvent ça chez un joueur de son âge et la façon dont Théo regarde et lit le jeu, il veut juste être dans tous les bons coups. Il cherche les espaces et il est exceptionnel dans ce domaine, il est tout simplement brillant. Ce qui est impressionnant, c’est que Théo s’est adapté au rugby international comme un poisson dans l’eau. »
Cette confiance s’est concrétisée lors du large succès à Cardiff, où le sélectionneur Fabien Galthié a aligné une paire de centres 100 % paloise avec Fabien Brau-Boirie et Emilien Gailleton, en l’absence des cadres habituels. Le résultat ? Aucune perte de fluidité, deux essais inscrits et une domination totale orchestrée par la charnière Matthieu Jalibert – Antoine Dupont.
Ce succès ne relève pas du hasard, mais d’un travail de fond mené depuis plusieurs années sur la formation. Dan Robson rappelle l’importance du projet de développement du club :
« À Pau, l’académie a été tellement importante pour développer le jeune noyau de l’effectif et nous récoltons désormais les bénéfices et les fruits de ce travail. Fabien (Brau-Boirie) est un joueur qui est arrivé à l’entraînement l’an dernier et c’est un garçon faussement mince, en réalité très costaud et physique. Il franchit la ligne d’avantage avec une grande facilité et je me souviens m’être entraîné avec lui en me disant qu’il fallait qu’on le fasse entrer dans l’équipe et qu’on le pousse aussi loin et aussi vite que possible. »
Aujourd’hui, alors que Pau alimente les Bleus comme jamais, le club béarnais a dépassé son statut d’outsider discret pour devenir l’un des moteurs du rugby français moderne.







